Pour la deuxième année de suite, la plus importante entreprise coopérative du secteur agroalimentaire au Québec, Sollio, auparavant La Coop fédérée, boucle un gros apport de fonds avec de grands investisseurs et renforce son bilan à la toute fin de son exercice financier.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Sollio obtient 150 millions de dollars par une émission privée d’actions privilégiées auprès d’un groupe constitué de trois investisseurs institutionnels québécois — Caisse de dépôt et placement, Fonds de solidarité, Fondaction — ainsi que de la société d’investissement Rabobank Capital, filiale du géant bancaire Rabobank, d’origine néerlandaise.

À pareille date l’an dernier, Sollio avait obtenu 300 millions en capital auprès d’un groupe constitué des trois mêmes investisseurs institutionnels québécois, auquel s’était ajoutée la société d’investissement Desjardins Capital, filiale du Mouvement Desjardins.

« Cet apport de capital l’an dernier était en appui à la finalisation de notre plan d’affaires stratégique de 2015-2020, dont l’accent portait beaucoup sur des projets de croissance par acquisitions, explique Gaétan Desroches, chef de la direction de Sollio, en entrevue avec La Presse.

« Le nouvel apport de 150 millions vient appuyer l’amorce de notre plan d’affaires 2020-2025. Ce plan priorise les projets internes de gains d’efficacité et de productivité pour consolider notre croissance par acquisitions, et mieux se préparer à l’après-COVID. Par ailleurs, nous voulons rechercher et développer des projets pour ‟allonger la chaîne de valeur ajoutée" dans nos principaux secteurs d’activités. »

Types de projets

Interrogé sur les types de projets que la coopérative privilégiera, le chef de la direction en a détaillé quelques-uns. « Par exemple, dans notre filiale de quincailleries BMR, nous accélérons l’expansion de ses capacités de commerce électronique par l’internet et de livraison chez les clients, décrit Gaétan Desroches. Dans nos divisions agroalimentaires, nous misons sur la recherche et le développement de projets pouvant rehausser le niveau de transformation d’aliments et d’autonomie alimentaire au Québec. »

Par ailleurs, dans le secteur des grains, où Sollio et des coopératives régionales sont des [acteurs] importants, nous pourrions investir dans des projets de développement d’aliments de protéines végétales, comme le soya cultivé au Québec qui est largement exporté pour transformation dans d’autres pays.

Gaétan Desroches

M. Desroches s’attend à livrer des résultats encourageants au terme de l’exercice 2020, qui se termine à la troisième semaine d’octobre. « Malgré l’impact de la COVID-19 sur une partie de notre clientèle, en restauration notamment, ainsi que sur nos opérations dans nos usines de transformation, on se dirige somme toute vers une bonne année », affirme Gaétan Desroches.

« Sans doute que le bénéfice d’exploitation (BAIIA) sera inférieur à nos espérances antérieures à la COVID-19. Mais on s’en tire correctement quand on se compare à d’autres secteurs beaucoup plus affectés. »

Résultats

À la fin du mois d’octobre 2019, Sollio (alors La Coop fédérée) avait terminé son exercice financier avec un chiffre d’affaires consolidé de 7,28 milliards, en hausse de 7,7 % sur l’exercice précédent. Toutefois, l’excédent avant ristournes aux membres et impôts avait chuté des deux tiers, à 79,3 millions.

Sollio avait profité de l’apport de 300 millions en fin d’exercice 2019 pour rehausser son capital social d’entreprise coopérative tout juste au-dessus des 990 millions.

Avec le nouvel apport de 150 millions complété récemment, le capital social de Sollio devrait franchir le seuil du milliard de dollars, autour de 1,1 milliard.

« En tant que coopérative, nous n’avons pas accès comme d’autres entreprises à la Bourse pour émettre des actions et obtenir ainsi du capital additionnel pour financer notre développement, rappelle le chef de la direction de Sollio.

« D’où l’importance de pouvoir compter sur des investissements de la part d’institutions financières réputées, ce qui témoigne de leur confiance à l’égard de nos stratégies et de notre modèle d’affaires coopératif. »