(Montréal) Malgré la paralysie quasi totale de l’aviation commerciale provoquée par la pandémie de COVID-19, Héroux-Devtek a décroché un autre contrat auprès de Boeing concernant la fabrication de composantes de trains d’atterrissage pour plusieurs familles d’appareils de l’avionneur américain.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Les détails financiers du contrat n’ont pas été précisés par l’entreprise établie à Longueuil, lundi, mais il devrait générer des recettes oscillant entre 75 millions et 125 millions pendant huit ans à compter de 2023, a estimé l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Par l’entremise de sa filiale espagnole CESA, acquise en 2018 au coût d’environ 205 millions CAN, la société fabriquera des composantes d’actionnement — qui déclenchent la descente des trains d’atterrissage — et des pièces de rechange pour les programmes 787, 777, 777X, 767 et 747 de Boeing.

Il s’agit d’une avancée importante pour Héroux-Devtek, qui fabrique déjà les trains d’atterrissage pour les 777 et 777X de Boeing. Ancienne filiale d’Airbus, CESA n’avait auparavant pas de liens d’affaires avec l’avionneur américain.

« Cela faisait partie de notre stratégie au moment de l’acquisition de CESA, a expliqué le président et chef de la direction de Héroux-Devtek, Martin Brassard, au cours d’un entretien téléphonique. Nous voulions démontrer aux clients nord-américains la capacité de cette compagnie à fournir des systèmes à prix concurrentiel. Ce long travail a été récompensé. »

Les pièces seront exportées depuis le Vieux-Continent, mais M. Brassard n’a pas fermé la porte à une contribution éventuelle des sites québécois de la compagnie.

Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, croit que cette entente pourrait paver la voie à d’autres contrats de ce genre dans le marché lucratif des composantes d’actionnement.

« Si le secteur des trains d’atterrissage est estimé annuellement à 3,1 milliards US, celui des composantes d’actionnement est d’environ 7,7 milliards US », a-t-il souligné dans une note.

À l’instar des autres joueurs du secteur de l’aérospatiale, Héroux-Devtek n’a pas échappé aux turbulences provoquées par la crise sanitaire en éliminant, en mai dernier, 10 % de son effectif, soit 225 postes, dont 125 au Québec. M. Brassard a toutefois précisé ne pas s’attendre à prendre d’autres décisions du genre prochainement.

M. Doerksen a rappelé dans sa note que l’entreprise était affectée par la baisse de cadence de production des avions gros porteurs, en ajoutant que cela n’a représenté que 28 % de ses revenus l’an dernier. La société peut miser sur ses activités du côté de la défense, où elle a généré près de 54 % de son chiffre d’affaires.

À la Bourse de Toronto, lundi après-midi, le titre de Héroux-Devtek prenait 11 cents, ou 1,15 %, pour coter à 9,66 $.