(Washington) Les États-Unis ont interdit cette semaine les importations d’huile de palme du géant malaisien FGV Holdings, invoquant de graves abus subis par les ouvriers agricoles de ses plantations, ce que la société a contesté jeudi.

Agence France-Presse

L’agence des douanes et de la protection des frontières américaine (CBP) a annoncé mercredi l’interdiction des importations de ce fournisseur après une enquête qui a révélé que des ouvriers agricoles avaient fait l’objet de violences physiques et sexuelles, d’intimidations, étaient parfois privés de salaire. Des cas de travail infantile ont aussi été pointés du doigt.

En recourant au travail forcé, « ces compagnies créent une concurrence inéquitable par rapport à des produits obtenus de façon légitime et fournissent aux consommateurs des produits qui sont contraires aux normes éthiques », a souligné Brenda Smith, une responsable du CBP.

Cette décision, entrée en vigueur mercredi, ferme la porte aux livraisons d’huile de palme et de produits dérivés du palmier à huile opérées aux États-Unis par FGV, un poids lourd du secteur, et ses filiales.

L’enquête avait été déclenchée par une plainte d’une coalition d’ONG contre FGV.

Le groupe s’est déclaré « déçu » de l’interdiction et a souligné avoir « pris des mesures concrètes » ces dernières années pour améliorer les conditions de travail dans ses exploitations.

« FGV ne tolère aucune violation des droits de la personne ou acte criminel dans son activité », a-t-il insisté dans un communiqué.

Le groupe a affirmé avoir amélioré les procédures de recrutement des travailleurs souvent migrants et avoir investi dans leurs hébergements.

L’huile de palme entre dans la fabrication de nombreux biens de grande consommation, des cosmétiques aux produits alimentaires.

La Malaisie est le deuxième producteur au monde de cet oléagineux, derrière le pays voisin d’Asie du Sud-Est, l’Indonésie, ces deux pays produisant ensemble quelque 85 % de l’huile de palme mondiale.

Mais la culture des palmiers à huile est vivement critiquée par les ONG qui dénoncent son rôle dans la destruction de la forêt tropicale et les abus que subissent les ouvriers agricoles sur ces exploitations.

Les exploitations malaisiennes emploient souvent des travailleurs peu rémunérés, venus d’Indonésie, d’Inde ou du Bangladesh, mais les migrants doivent souvent payer des frais élevés et s’endetter pour obtenir un travail, dénoncent les ONG.

L’une des ONG qui avaient porté plainte contre FGV, SumOfUs, a salué cette mesure vue comme « un rappel ferme qu’aucune compagnie, aussi grande et puissante est-elle, ne peut se placer au-dessus de la loi ».

L’agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP) sévit de plus en plus contre des importations qu’elle soupçonne d’avoir été fabriquées en recourant au travail forcé.

Le mois dernier, elle a bloqué des produits fabriqués en Chine dans la région du Xinjiang, dont certains issus d’un centre qu’elle a qualifié de « camp de concentration » pour les Ouïghours et d’autres minorités musulmanes.