(Paris) Les compagnies aériennes ont revu à la baisse leur prévision de trafic pour 2020, évalué à -66 %, contre -63 % auparavant par rapport à 2019, après un mois d’août « désastreux » et une reprise du trafic plus faible que prévu, a annoncé mardi leur organisation, l’IATA.

Agence France-Presse

La saison estivale a été moins bonne que prévu avec une demande « extrêmement basse » en août et un trafic (mesuré en revenu par passager payant, RPK) en baisse de 75,3 % par rapport au même mois l’an dernier, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui représente 290 compagnies aériennes, estimant que cette situation illustre un « redémarrage plus faible » qu’anticipé.

La reprise est meilleure sur les marchés intérieurs que sur les liaisons internationales, très affectées par la résurgence du coronavirus en août, selon l’organisation.

« La demande internationale est inexistante et en fait, les marchés intérieurs en Australie (-91,5 %, NDLR) et au Japon (-68,6 %, NDLR) reculent face à une nouvelle résurgence (de la COVID-19) et aux restrictions » de circulation, a commenté le directeur général de l’IATA, Alexandre de Juniac, évoquant un « mois d’août désastreux ».

Seule la Russie a retrouvé son niveau de l’an dernier en août sur son marché intérieur, enregistrant même une hausse de 3,8 % du trafic grâce à une politique de « prix bas » et une population qui a passé ses vacances dans le pays, selon l’IATA.

M. de Juniac a une nouvelle fois lancé un appel pour le déploiement « d’une politique de tests de COVID-19 avant le départ au plan international pour donner confiance aux gouvernements pour la réouverture des frontières et aux passagers » pour reprendre l’avion.

 « En l’absence d’une aide des gouvernements et de la réouverture des frontières, des centaines de milliers d’emplois disparaîtront », a-t-il estimé, ajoutant que les compagnies ne pourront pas cette année compter sur le « coussin » financier habituellement constitué durant la période faste de l’été dans l’hémisphère Nord et qui permet de passer des mois d’automne et d’hiver plus faibles.  

L’IATA estime que le trafic aérien mondial ne retrouvera pas son niveau d’avant-crise avant 2024 et évalue pour 2020 à 419 milliards de dollars le manque à gagner au niveau mondial pour le secteur, l’un des plus touchés par la pandémie qui a cloué au sol la quasi-totalité de la flotte mondiale au plus fort de la crise.