La pandémie a des effets sur les prévisions de hausses salariales. Celles-ci devraient être moins fortes en 2021. Qui plus est, plus d’employés devraient voir leur salaire gelé l’an prochain.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

Ainsi, en 2021, c’est en moyenne une augmentation salariale de 2,4 % que les entreprises au Québec prévoient accorder à leurs travailleurs. La prévision était de 2,7 % pour 2020. Ces pourcentages comprennent les gels salariaux, selon un sondage mené auprès de 1400 entreprises au Canada (dont 715 au Québec), pour le compte de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. « Il y aura quand même des augmentations, car ce n’est pas vrai que ça va mal partout pendant la pandémie, note Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre. Certaines industries sont foisonnantes et en pénurie de main-d’œuvre. »

C’est dans les secteurs des technologies de l’information et des communications que la prévision de hausse est la plus élevée, soit de 3,8 % au Québec. À l’autre bout du spectre, on planifie qu’elle ne sera que de 1,5 % dans le milieu des arts, spectacles et loisirs.

Les hausses salariales pour 2021 sont estimées à 2,6 % pour les milieux de la finance et des assurances ainsi que ceux des services professionnels, scientifiques et techniques. Elles sont de 2,5 % pour le secteur des soins de santé et assistance sociale, ainsi que pour celui de la fabrication.

À la lumière de ces estimations, il faudra s’attendre à des écarts de hausses pour une même profession, selon le secteur dans lequel une personne évolue. « Le comptable qui travaille dans une entreprise dont le secteur est en difficulté pourrait avoir une augmentation différente de celui d’un secteur moins touché par la COVID, dit Manon Poirier. Les secteurs comme ceux du tourisme et de la restauration, on le sait, sont plus touchés. »

La moyenne des augmentations prévues est de 2,4 % dans les entreprises de moins de 500 employés et de 2,3 % dans celles de 500 employés et plus. Du côté des hauts dirigeants et cadres supérieurs, l’estimation de croissance s’établit à 2,4 %, mais à 2,2 % pour les postes aux opérations et à la production, au Québec.

En 2018, 2019 et 2020, les moyennes des hausses réelles ont, en fin de compte, été plus élevées que ce que les organisations avaient prédit. La moyenne se situe, par exemple, à 3,6 % en 2020, alors que la prévision était de 2,7 %. « De manière générale [cette année], on constate que les organisations sont plus prudentes et n’osent pas prévoir à long terme, mentionne Manon Poirier. En raison de ce contexte d’incertitude, on remarque que les gels salariaux seront probablement plus présents que par le passé. »