La direction d’Alimentation Couche-Tard réfute les critiques du MEDAC, selon qui l’entreprise n’a pas laissé suffisamment de place aux actionnaires pour s’exprimer lors de sa plus récente assemblée.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) affirme que Couche-Tard a « empêché le MEDAC de s’adresser verbalement aux actionnaires » et qu’elle a « refusé de faire la lecture de son intervention écrite au soutien » de ses propositions.

« Être à l’écoute de nos actionnaires et travailler dans leur intérêt est l’une de nos principales préoccupations », rétorque Couche-Tard dans un courriel à La Presse. « Pour la première fois, notre assemblée annuelle a été tenue de manière virtuelle en raison de la pandémie. Et à l’instar de plusieurs émetteurs [NDLR : entreprises cotées en Bourse], nous avons choisi d’utiliser une plateforme qui nous permettait également de compiler les votes des actionnaires en même temps que l’assemblée se déroulait », explique la direction du géant des dépanneurs et des postes d’essence, qui vaut près de 50 milliards en Bourse.

« Aussi, cette plateforme permettait de participer à l’assemblée soit en tant qu’invité ou en tant qu’actionnaire. Mais seuls les actionnaires avaient le droit de voter et de poser des questions à la direction, et ce, par écrit à travers le système de messagerie instantanée de la plateforme virtuelle », argue Couche-Tard.

L’entreprise affirme « avoir fourni à ses actionnaires une opportunité suffisante pour s’exprimer lors de son assemblée annuelle. Le tout en conformité avec nos obligations légales ». Entre autres, précise-t-elle, « les propositions du MEDAC et leur argumentaire étaient reproduits dans la circulaire de procuration. Nous avons également présenté ces propositions lors de la présentation des items du vote et celles-ci étaient reproduites intégralement à l’écran ».

Aussi, selon Couche-Tard, « nos actionnaires qui le souhaitaient pouvaient tout à fait s’exprimer en posant leurs questions à la direction. Cela dit, nous n’avons reçu aucune question avant ou durant la période de questions qui s’est tenue, comme à chaque année, après la clôture de l’assemblée et à la suite des présentations corporatives ».

Le directeur du MEDAC, Willie Gagnon, signale que « dans toutes les autres assemblées, nous avons pu soumettre à l’avance le texte de ce que nous aurions dit au micro, mais qui a été lu par les dirigeants d’entreprise. Cette manière de procéder a été refusée par Couche-Tard. Il nous a été impossible d’aller au micro comme nous l’aurions fait dans une assemblée normale au moment des votes, notamment le vote consultatif [sur la rémunération des dirigeants] ».