Malgré une baisse de ses revenus de 70,5 %, Le Château a dégagé un bénéfice net de 337 000 $ au cours de son trimestre clos à la fin juillet. Même si la somme n’est pas énorme, elle est digne de mention puisqu’il s’agit des premiers profits trimestriels en 7 ans pour le détaillant montréalais.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Le chiffre d’affaires pour le 2e trimestre s’est établi à 14,7 millions de dollars, ce qui se compare à 49,7 millions au cours de la même période un an plus tôt. La période a évidemment été marquée par l’absence des traditionnels bals de finissants et d’un très faible nombre de mariages en raison de la pandémie.

« Compte tenu de l’importance historique des vêtements pour les événements spéciaux au cours de cette période de trois mois, nous avons enregistré un recul significatif du chiffre d’affaires, étant donné que les collectivités à l’échelle du Canada ont dû limiter les interactions sociales », précise un communiqué transmis en début de soirée.

Si les robes qui font la réputation du Château se sont moins vendues, l’intérêt envers les vêtements décontractés a grimpé, à l’instar des ventes en ligne.

Malgré l’importante baisse du chiffre d’affaires, Le Château a réalisé un bénéfice net de 337 000 $, ou 0,02 $ par action, comparativement à une perte nette de 305 000 $, ou (0,01) $ par action, pour la période correspondante de l’exercice précédent.

C’est la première fois qu’un trimestre ne se termine pas dans le rouge depuis l’été 2013, selon Refinitiv.

En outre, le détaillant a souligné « le soutien continu des propriétaires des espaces de nos magasins », dans son communiqué dans lequel aucun dirigeant n’est cité. Des ententes ont été conclues « avec la majeure partie des propriétaires des espaces » de sorte « qu’un avantage de 4,6 millions de dollars a été comptabilisé dans les états du résultat consolidé pour le deuxième trimestre ».

Perte de 13 millions en 6 mois

Pour les 6 premiers mois de l’exercice, les ventes ont atteint 32,3 millions de dollars, en comparaison de 85,7 millions pour les six mois clos le 27 juillet 2019, une diminution de 62,3 %.

La perte nette s’est établie à 13 millions de dollars (0,43 $ par action) comparativement à une perte nette de 11,1 millions de dollars (0,37 $ par action) un an plus tôt.

« Depuis la création de la Société, il y a 60 ans, le secteur du commerce de détail a vécu de nombreux changements, et nous avons prouvé maintes fois notre capacité de nous adapter », rappelle l’équipe de direction.

Un plan d’urgence en novembre ?

En août 2020, Le Château a conclu avec ses prêteurs de nouvelles ententes en vertu desquelles sa facilité de crédit renouvelable et son emprunt à terme subordonné devront être refinancés au plus tard le 31 octobre 2020, « à défaut de quoi un plan d’urgence devra être mis en place », a prévenu le détaillant.

Dès en 2015, l’entreprise avait commencé la mise en œuvre d’un plan stratégique visant à « optimiser son réseau de magasins de vente au détail traditionnelle au Canada dans le contexte de l’importance grandissante du commerce électronique ». Depuis, son réseau est passé de 243 points de vente à 123 magasins.

En Bourse, le titre de Le Château a terminé la séance d’hier à 0,025 $. Depuis le début de l’année, sa valeur a reculé de 44 % selon Refinitiv.