Le géant des dépanneurs et des postes d’essence Alimentation Couche-Tard, qui vaut près de 50 milliards en Bourse, est vivement critiqué par un regroupement d’actionnaires, le MÉDAC, pour la gérance de son assemblée annuelle en mode virtuel, tenue mercredi dernier.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

« Couche-Tard a cavalièrement bafoué le droit de parole des actionnaires à son assemblée annuelle en le niant tout simplement », affirme le directeur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), Willie Gagnon, dans l’infolettre hebdomadaire envoyée aux membres et mise en ligne sur son site internet au cours du week-end.

« Non seulement Couche-Tard a-t-elle empêché le MÉDAC de s’adresser verbalement aux actionnaires réunis en assemblée annuelle virtuelle le 16 septembre, mais encore a-t-elle refusé de faire la lecture de son intervention écrite au soutien aux propositions d’actionnaire [soumises par le MÉDAC], comme ce que toutes les autres entreprises avaient rendu possible par ailleurs. »

De l’avis du MÉDAC, en dépit du contexte de la crise sanitaire et des contraintes pour la tenue des assemblées d’actionnaires, « il est lamentable de constater que la plus grande entreprise au pays [selon le chiffre d’affaires] empêche les interventions verbales par téléphone ou par l’internet à son assemblée d’actionnaires », poursuit le directeur du MÉDAC.

En fin de journée lundi, la direction de Couche-Tard n’avait pas encore fourni à La Presse de commentaire par rapport aux critiques du MÉDAC.

De l’avis du directeur du MÉDAC, « le passé récent de Couche-Tard nous apparaissait jusque-là caractérisé par un progrès manifeste [en matière de gouvernance d’assemblées]. Le recul est ici spectaculaire, surtout quand on tient aussi compte que [l’accès virtuel] à l’assemblée a été fermé avant les présentations de la direction et avant la période de questions. »

Interpellée par La Presse, l’Autorité des marchés financiers (AMF) répond que « les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) reconnaissent que certains participants au marché ont des préoccupations relativement aux changements apportés aux assemblées pendant la pandémie ».

Dans une réponse fournie par courriel, le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, rappelle qu’en mars dernier, « les ACVM ont fourni des indications sur la tenue des assemblées générales annuelles pendant la pandémie ».

Et parmi ces indications, on stipule que la tenue d’une assemblée d’actionnaires en mode virtuel implique que l’entreprise concernée « devrait communiquer des indications claires au sujet des détails logistiques de cette assemblée, notamment la façon dont les actionnaires pourront y accéder à distance, y participer et y exercer leurs droits de vote ».

>>> Relisez l’article « Les assemblées annuelles en mode virtuel inquiètent les tenants des droits des actionnaires » publié en avril dernier.