À un peu plus de trois mois de la dernière échéance visant à concrétiser la vente de Transat A. T. à Air Canada, les deux compagnies sont toujours en train d’échanger des informations avec Ottawa, dont le feu vert est essentiel.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a indiqué, jeudi, au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, que son gouvernement n’était pas encore rendu à l’étape de prendre une décision.

« Il y a une certaine interaction entre le gouvernement et les deux parties et on s’échange de l’information. Même si un rapport (celui de Transports Canada) a été soumis à mon bureau au mois de mai, ça donne lieu à des questions », a-t-il dit, sans offrir plus de détails sur ce qui restait à préciser.

M. Garneau a dit que la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19, qui continue de bousculer le secteur de l’aviation commerciale, n’a « pas aidé ».

En mars dernier, le Bureau de la concurrence avait réservé un accueil défavorable à la transaction proposée, estimant qu’elle risquait notamment d’avoir une incidence négative sur 83 liaisons, dont 49 entre le Canada et l’Europe ainsi que 34 autres vers les destinations soleil.

L’évaluation de l’organisme fédéral avait toutefois été menée avant l’arrivée du nouveau coronavirus. Ce rapport fait partie des nombreux documents analysés.

En vertu de l’arrangement intervenu entre Transat A. T. et Air Canada, la société mère d’Air Transat peut repousser jusqu’au 27 décembre la date butoir de sa vente.

« Cela prendra le temps que ça prendra, a répondu M. Garneau, lorsqu’interrogé sur le moment où Ottawa comptait se décider. Nous disposons (de) la majorité de l’information, mais il reste certainement des choses à clarifier. »

La transaction de 720 millions, ou 18 $ par action, qui doit permettre à la plus grande compagnie aérienne au pays de prendre le voyagiste québécois sous son aile, doit également obtenir l’aval de la Commission européenne, qui a également soulevé des préoccupations. Elle a repoussé au 11 décembre la date pour trancher.

De son côté, le porte-parole de Transat A. T., Christophe Hennebelle, a voulu se montrer rassurant en estimant qu’il s’agissait d’un « processus normal » où des questions étaient posées « d’un côté comme de l’autre ».

Le 10 septembre dernier, alors qu’il participait à une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre, le président et chef de la direction de Transat A. T., Jean-Marc Eustache, avait été interrogé par un analyste sur ce qui pouvait arriver s’il fallait aller au-delà de la date butoir.

« Nous devrons avoir une discussion avec Air Canada et décider ensemble si nous voulons continuer et s’ils veulent continuer, oui ou non ? », avait-il répondu.

Dans un rapport publié la semaine dernière, l’analyste Mona Nazir, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, avait estimé qu’il y avait des risques que l’on ne puisse respecter la date butoir de la transaction, notamment parce que les autorités européennes mettront plus de temps que prévu pour décider.

À la Bourse de Toronto, jeudi, le titre de Transat A. T. a retraité de 2,85 %, ou 13 cents, pour clôturer à 4,43 $ — loin du prix offert par Air Canada.

— Avec des informations de Catherine Lévesque à Ottawa.