La vente de Bombardier Transport à Alstom sera un peu moins payante que prévu pour la multinationale québécoise.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Les deux entreprises et la Caisse de dépôt, un important actionnaire de Bombardier Transport, ont annoncé s’être entendues de façon définitive sur le prix de la transaction annoncée à la mi-février. Le nouveau prix, qui place la valeur de l’ensemble de la filiale à 8,4 milliards de dollars américains, est inférieur de 350 millions à ce qui avait été annoncé à l’origine.

Cette baisse sera absorbée à la fois par la Caisse (environ 117 millions de dollars) et Bombardier. La Caisse assure toutefois que cela n’aura qu’un impact minime sur le rendement garanti de 15 % que prévoyait son investissement dans Bombardier Transport.

Pour Bombardier, la remontée de l’euro par rapport au dollar américain amoindrit un peu l’impact. L’entreprise québécoise, qui espérait en février toucher entre 4,2 et 4,5 milliards au net, devra se contenter de 4 milliards US.

C’est la performance de Bombardier Transport au cours des derniers mois et le contexte mondial qui expliquent la baisse de prix, a expliqué un porte-parole de Bombardier, Olivier Marcil.

Une portion de la somme versée à Bombardier, présentée comme ayant une valeur de 500 millions d’euros ou 585 millions de dollars américains, le sera sous forme d’actions d’Alstom. Le calcul a été effectué sur la base d’un prix de souscription de 47,50 euros par actions. Or, l’action d’Alstom s’échange présentement aux environs de 45,50 euros à la Bourse de Paris, ce qui abaisse de quelques dizaines de millions de dollars additionnels la portion que doit recevoir Bombardier. Ce prix pourrait fluctuer, à la hausse comme à la baisse, d’ici la clôture de la transaction.

La direction de Bombardier a déjà signalé son intention de revendre ces actions dès qu’elle le pourra, trois mois après la clôture.

Cette clôture pourrait survenir un peu plus tôt que prévu. Annoncée pour la première moitié de 2021, on estime maintenant qu’elle pourra se faire au premier trimestre de l’an prochain. La transaction a déjà reçu l’assentiment très important de l’Union européenne. Le Canada, les États-Unis, la Chine et l’Inde font partie des États qui n’ont toujours pas communiqué leur accord.

Les actionnaires d’Alstom doivent aussi l’entériner, dans une assemblée prévue pour octobre.

Bon accueil

Malgré la baisse du prix de vente, l’annonce d’une entente définitive a été bien accueillie par les marchés boursiers. Le titre de Bombardier a terminé la journée en hausse de 6 %, à 0,43 $, à la Bourse de Toronto.

Pour l’analyste Cameron Doerksen, de la Banque Nationale, l’entente finale sera même meilleure pour Bombardier, puisqu’elle lui permet de « livrer » sa filiale Transport sans aucune liquidités, ou presque. L’impact net sur la trésorerie de Bombardier, selon lui, sera donc de 4 milliards de dollars américains, plutôt que les 3,2 milliards qu’il prévoyait initialement.

« Compte tenu des difficultés qu’a continué de vivre Bombardier avec sa division Transport depuis l’annonce de l’entente avec Alstom, en plus des impacts de la COVID-19, une cagnotte inférieure d’à peine 200 millions à ce qui était prévu à l’origine est le meilleur résultat possible », estime pour sa part Kevin Chiang, de la CIBC.

« Bien que des questions restent à savoir comment la transformation de Bombardier en entreprise dédiée uniquement aux avions d’affaires va performer sur l’ensemble d’un cycle économique, la vente de la division Transport lui permet de s’attaquer à son problème le plus urgent, la refonte de sa structure de capital et la réduction du poids de sa dette. »