Malgré la pandémie, les 415 employés de Moment Factory étaient restés en poste, en télétravail, depuis mars. L’entreprise reconnue internationalement pour ses créations multimédias et immersives se voit maintenant obligée de diminuer ses effectifs. La nouvelle a été annoncée mardi matin aux employés, à Montréal : 40 personnes perdent leur emploi.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

Les postes touchés vont du motion design à la gestion de projet en passant par le soutien technique et administratif. « La reprise n’est pas aussi rapide que prévu, explique Éric Fournier, associé de Moment Factory. Beaucoup de nos clients ont ralenti leurs investissements. On reçoit beaucoup d’appels, mais les projets ne se confirment pas. »

La direction a du même coup annoncé, mardi, qu’elle et ses gestionnaires réduisaient leur salaire de 10 % pour au moins six mois. « On ne pouvait penser à une telle réduction d’effectifs sans s’impliquer, dit Éric Fournier. C’est une question de valeur. On a une culture d’entreprise très soudée. »

Les bureaux internationaux (Paris, Los Angeles, New York, Tokyo, Singapour) feront « l’objet d’une analyse ultérieurement, selon Éric Fournier. On a d’ailleurs pu miser sur les équipes à l’étranger pour la poursuite de nos projets ».

Quand la COVID-19 a frappé, en mars, Moment Factory avait dans son carnet de commandes des créations comme Alta Lumina dans les Alpes françaises, Regalia à la cathédrale de Reims et à la basilique Saint-Rémi, ainsi que des projets pour le siège social d’AT & T à Dallas, le Musée de la science de Boston et l’aéroport international de Hong Kong. Il y a aussi eu des projets relancés comme les Lumina. « Parallèlement, on a pensé à des initiatives comme VROOM ! au Ciné-Parc Orford, dans une perspective de projet-démonstrateur, dit Éric Fournier. Tous ces projets nous ont mobilisés cet été. Certains sont en train d’être finalisés. Mais on espérait un rebond en septembre. On était dans une logique de retour des activités. »

Au printemps, Moment Factory a eu droit à la subvention salariale d’urgence du Canada, puis au programme d’aide à la formation du gouvernement provincial. « On ne peut être dépendants de telles subventions », estime cependant Éric Fournier.

En 19 ans d’existence, c’est la première fois que Moment Factory procède à de telles coupes. « Mais c’est la deuxième crise qu’on traverse, note Éric Fournier. Lors de la crise économique de 2008, on avait comme plan de développer des projets permanents aux États-Unis. Dans des stades, notamment. Mais tout a été annulé. On a toutefois découvert toute la richesse de notre création et on a développé une offre plus diversifiée. Aujourd’hui, on a un mélange de projets à court et long terme, de spectacles et d’installations dans des aéroports, entre autres. »