Les décorations d’Halloween, les costumes et les bonbons vendus chez Dollarama susciteront-ils autant d’intérêt cette année qu’en temps normal ? C’est une grande question à laquelle personne n’a de réponse fiable. Mais le détaillant s’attend à ce que son prochain trimestre soit « affecté négativement » par le nombre réduit d’enfants faisant du porte-à-porte.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Que les enfants remplissent leur citrouille ou pas le 31 octobre, Dollarama a choisi de mettre sur les tablettes de ses 1314 magasins tout son assortiment habituel de produits d’Halloween et de voir ce qui se passera. Quitte à rapporter à l’entrepôt ce qui n’aura pas trouvé pas preneur… jusqu’à l’an prochain.

L’Halloween a un « poids important » dans les résultats financiers de Dollarama, ont indiqué ses dirigeants mercredi au cours d’une téléconférence portant sur les résultats du deuxième trimestre. Ils n’ont toutefois dévoilé aucune statistique. Le niveau de ventes est significatif, mais de surcroît, les produits reliés à des fêtes sont ceux qui procurent les marges les plus élevées.

Ainsi, Dollarama prévoit que les résultats de son troisième trimestre subiront un certain impact. « Dans quelle mesure ? Nous l’ignorons », a indiqué le chef de la direction financière, Michael Ross, tout en refusant de spéculer.

« Je serai très honnête, si nous pouvons faire [les ventes] que nous avons faites dans le passé, je serai en extase », dit Neil Rossy, président et chef de la direction de Dollarama.

Une analyste a soulevé la possibilité que le détaillant sous-estime l’engouement de l’Halloween puisqu’il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. « La société sera-t-elle craintive ou impatiente de s’amuser à ce moment-là, aucun de nous n’a la réponse. Mais je peux vous promettre que dans deux mois, nous serons tous beaucoup plus intelligents sur ce que nous réserve l’avenir », lui a répondu le grand patron.

Masques de Noël « spectaculaires » et thermomètres à 59 $

PHOTO ALAIN DÉCARIE, ARCHIVES LA PRESSE

Le temps des Fêtes est une période importante pour le chiffre d'affaires de Dollarama.

Et pour Dollarama, l’avenir inclut Noël, un événement qui gonfle de façon marquée les ventes de son quatrième trimestre, le plus lucratif de l’année. La pandémie risque aussi d’avoir un impact sur le comportement des consommateurs dans le temps des Fêtes, ont convenu ses dirigeants.

Mais ils cherchent des solutions.

[Mardi], j’ai acheté une bonne quantité de spectaculaires masques KN 95 décorés aux couleurs de Noël. Espérons que ces masques vont encourager les gens à se rapprocher et à faire des câlins à leur famille tout en se protégeant.

Neil Rossy, président et chef de la direction de Dollarama

Le grand patron a glissé quelques mots au sujet des achats en Asie qui ne peuvent plus se faire en personne, puisqu’il est « illégal de s’y rendre » à moins d’obtenir un visa spécial. Les décisions doivent se prendre par vidéoconférence, et cela « n’est certainement pas aussi efficace ni aussi agréable », a-t-il indiqué. Mais tous les détaillants sont dans le même bateau.

La pandémie a néanmoins été l’occasion pour Dollarama d’acheter certains produits qui n’auraient jamais été envisagés auparavant, comme des thermomètres à infrarouges sans contact. Ceux-ci sont vendus exclusivement en ligne, à 59 $ l’unité.

Hausse de 42 % de l’achat moyen

Avec des ventes de 1,01 milliard, en hausse de 7,1 %, Dollarama a surpassé les attentes à son deuxième trimestre clos le 2 août.

Sur une base comparable et en ne tenant pas compte des magasins temporairement fermés, les ventes ont bondi de 5,4 % grâce à une augmentation de la valeur du panier moyen de 41,7 %. En revanche, le nombre de transactions a reculé de près de 26 %.

L’analyste Derek Dley, de Canaccord Genuity, anticipait plutôt une diminution des ventes comparables de 1 %, ce qui aurait été « une amélioration par rapport à la baisse de 2,4 % au premier trimestre », a-t-il écrit dans une note aux investisseurs.

Son confrère chez Desjardins, Chris Li, plus optimiste, prévoyait une augmentation de 5 %.

Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice par action (BPA) de 0,41 $. Là encore, Dollarama a surpassé les attentes avec un BPA de 0,46 $ (+ 2,2 %). Ce résultat s’explique par la forte demande pour les produits saisonniers reliés à la maison (aménagement de la cour, BBQ, jardinage).

Le bénéfice net, à peu près stable, s’est établi à 142,5 millions.

Le titre de Dollarama a terminé la séance en baisse de 0,5 % (- 0,25 $), à 51,44 $.