Le bénéfice net d’Hydro-Québec a souffert du coronavirus au deuxième trimestre. Les profits ont plongé de 70 % en raison de la réduction de la consommation d’électricité au Québec et de la baisse des exportations.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

À 80 millions, le bénéfice net des mois d’avril, mai et juin représente une baisse de 184 millions par rapport à celui de la même période l’an dernier. « La crise actuelle a perturbé notre performance commerciale et financière », a commenté Jean-Hugues Lafleur, vice-président exécutif et chef de la direction financière d’Hydro-Québec.

L’arrêt des activités au Québec pendant le deuxième trimestre a fait chuter la consommation dans les usines et les lieux de travail. Les ventes d’électricité ont diminué de 11 % dans le secteur commercial et institutionnel, et de 12 % chez les grands clients industriels. Malgré une augmentation de 5 % de la consommation résidentielle en raison notamment du télétravail, les ventes totales sont en baisse de 6 % au deuxième trimestre.

L’impact de la pandémie s’est aussi fait sentir sur les marchés voisins. Les ventes d’électricité à l’Ontario sont en baisse de 7 %. La Nouvelle-Angleterre (-4 %) et l’État de New York (-7 %) ont aussi réduit leurs achats d’électricité québécoise.

En conséquence, le prix obtenu sur les marchés voisins est en baisse. Hydro-Québec a exporté son électricité à un prix moyen de 4,4 cents le kilowattheure en 2020, comparativement à 4,9 cents le kilowattheure pour la période correspondante l’an dernier.

66 000 ententes de paiements

Hydro-Québec a augmenté sa provision pour mauvaises créances de 35 millions en raison de la pandémie, pour la porter à 125 millions. C'est relativement peu, compte tenu de nos ventes de 12 milliards, a souligné M. Lafleur.

Au début de la crise, Hydro-Québec avait invité ses clients en difficultés à conclure des ententes pour étaler leurs paiements et aboli les frais d'administration habituels. Depuis le 13 mars, 66 000 clients en difficulté ont conclu des ententes de paiement.

Pour la première moitié de l’année, le bénéfice net d’Hydro-Québec est passé de 2 milliards à 1,6 milliard, une baisse de 433 millions.

Hydro a dû reporter des investissements et d’autres impacts négatifs sont à prévoir, a indiqué Jean-Hugues Lafleur. « Nous anticipons d’ailleurs de continuer à subir les incidences de la pandémie au cours des prochains mois », a-t-il dit en ajoutant que la direction de la société d’État évalue actuellement l’ampleur à plus long terme de la crise sur sa rentabilité.