(Montréal) Aéroports de Montréal (ADM) réduit son effectif d’environ 30 %, soit 172 personnes, en plus de suspendre tous ses projets qui ne concernent pas « l’intégrité des actifs » alors que la crise sanitaire continue de paralyser le secteur de l’aviation commerciale.

La Presse canadienne

L’exploitant et le gestionnaire des aéroports Montréal-Trudeau et Mirabel a annoncé des « mesures exceptionnelles », jeudi, par voie de communiqué, en évoquant la fermeture des « frontières aériennes » du pays et l’absence d’un soutien financier pour un secteur « qui ne se relèvera pas d’ici plusieurs années ».

ADM, qui comptait 600 employés avant la pandémie de COVID-19, verra son effectif décliner à 428 travailleurs. Si la Subvention salariale d’urgence du Canada a pu maintenir le lien d’emploi de plusieurs travailleurs au cours des derniers mois, les changements apportés au programme font « qu’il serait trop onéreux pour l’organisation de continuer à y souscrire dans les mêmes proportions », a-t-on fait valoir.

L’exploitant et gestionnaire d’aéroports a indiqué par la suite que les départs étaient temporaires, sans toutefois préciser quand les travailleurs touchés seront rappelés. Les mises à pied, qui touchent une centaine d’employés, s’accompagnent de départs à la retraite et de départs volontaires, notamment.

L’organisation s’attend à ce que la baisse du trafic de passagers soit de l’ordre de 71 % par rapport à l’an dernier, ce qui devrait se traduire par une perte de revenus évaluée à environ 500 millions par rapport à ce qui était anticipé.

« Nos revenus quasi inexistants nous obligent à faire des choix crève-cœur que nous avons tenté de repousser le plus longtemps possible », a indiqué le président-directeur général d’ADM, Philippe Rainville.

ADM a également sabré de moitié son budget d’investissement pour s’affairer uniquement aux travaux jugés nécessaires.

Ainsi, le projet de construction de la station du Réseau express métropolitain (REM) à Montréal-Trudeau se poursuivra « uniquement en mode planification » jusqu’à ce qu’ADM soit en mesure d’obtenir un « prêt adapté » de la part des différents ordres de gouvernement.

ADM avait déjà décrété au printemps un gel de l’embauche, en plus d’avoir annulé des hausses salariales.