(Toronto) Malgré quelques signes de reprise, la Banque Royale du Canada estime que les prochains mois seront difficiles pour l’économie.

Tara Deschamps La Presse canadienne

Son chef de la direction, Dave McKay, a expliqué, mercredi, dans le cadre d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre, que tous les yeux seront rivés sur l’automne alors que l’économie tente toujours de se relever du plongeon provoqué par la pandémie de COVID-19.

« Alors que nous observons des signes encourageants après les creux de mars, l’incertitude demeure en ce qui a trait au moment et à la forme de la reprise, a-t-il souligné. Le véritable test viendra une fois que les programmes de soutien du gouvernement commenceront à se terminer. Nous prévoyons que l’automne sera difficile. »

La plus grande banque au pays a consenti à environ 550 000 reports de paiement et a mis de côté 675 millions au troisième trimestre afin de pallier les mauvaises créances, par rapport à 425 millions à la même période il y a un an. Cette provision est toutefois inférieure à celle de 2,83 milliards inscrite au deuxième trimestre.

M. McKay s’attend à ce que la majorité de la clientèle recommence à effectuer ses paiements lorsqu’on ne permettra plus les reports, ajoutant que le niveau de risque de la banque avait été réduit de « manière significative ». Plusieurs clients ne bénéficient plus des mesures d’assouplissement depuis le mois de juillet.

Le patron de la Royale a livré ces remarques à la suite du dévoilement d’un bénéfice de 3,2 milliards, ou 2,20 $ par action, au troisième trimestre, comparativement à un profit de 3,26 milliards, ou 2,22 $ par action, à la période correspondante de l’exercice précédent.

De leur côté, les revenus ont totalisé 12,92 milliards, alors qu’ils avaient été de 11,54 milliards il y a un an.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de la Royale s’est établi à 2,23 $ par action, par rapport à 2,26 $ par action lors du troisième trimestre l’an dernier. Les analystes tablaient en moyenne sur un profit ajusté par action de 1,81 $, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

La performance trimestrielle de la banque torontoise a été alimentée par des bénéfices records réalisés dans la division des marchés financiers ainsi qu’une bonne performance du côté de l’assurance.

Puisqu’une partie des quelque trois millions d’emplois perdus pendant la pandémie ont été récupérés, les détenteurs de cartes de crédit ont dépensé davantage en juillet par rapport à la même période l’an dernier — la première augmentation d’une année à l’autre constatée depuis la mi-mars.

M. McKay a également évoqué la vigueur du marché immobilier nord-américain.

« Au Canada, les ventes de maisons, les prix des logements et les mises en chantier ont fait preuve d’une résilience surprenante, reflétant en partie (un rattrapage de) la demande et la faiblesse des taux d’intérêt, a-t-il expliqué. Nous avons signalé une très forte croissance des prêts hypothécaires de 10 % d’une année sur l’autre. »

Ces signaux positifs ont été contrebalancés par une diminution des résultats du côté des activités destinées aux particuliers et aux entreprises, de la gestion de patrimoine et des services aux investisseurs.

Les résultats de la Royale ont également été affectés par l’augmentation des provisions pour mauvaises créances et les taux d’intérêt bas. L’institution n’a toutefois pas l’intention de modifier sa stratégie à long terme, a prévenu M. McKay.