(Toronto) La concurrence sur le marché des boissons au cannabis devrait s’intensifier puisqu’une compagnie appuyée par Molson Coors Canada déploiera cinq nouvelles marques au cours des prochains mois.

Tara Deschamps
La Presse canadienne

Truss Beverage, une coentreprise entre le brasseur et le producteur de cannabis Hexo, établi à Ottawa, a dévoilé, mardi, les cinq marques qui, espère-t-elle, lui permettront de se tailler une place dans ce marché.

« Du point de vue des consommateurs, nous avons constaté que l’intérêt pour le secteur continue de croître et nous pensons que le moment est parfait pour arriver sur le marché », a expliqué le président et chef de la direction de Truss, Scott Cooper, dans le cadre d’une entrevue.

Cette offensive de Truss survient dans une année où l’offre de boissons au cannabis s’est accentuée de manière rapide.

Des détaillants de cannabis offrent déjà des produits Everie de Fluent Beverage, coentreprise entre Anheuser-Busch InBev et la compagnie britanno-colombienne Tilray, et le thé glacé au cannabidiol Basecamp d’A1 Cannabis. De l’eau pétillante aromatisée au pamplemousse de Houseplant – la marque de l’acteur Seth Rogen – et des boissons de Tweed (Canopy Growth) se retrouvent également sur les tablettes des boutiques.

Truss a mis les pieds dans le secteur des boissons infusées au cannabis en décembre en s’associant à Flow Alkaline Spring Water afin de lancer des eaux infusées au CBD, un des composés également présents dans le cannabis. La compagnie offrira notamment les boissons pétillantes Little Victory et les toniques House of Terpenes avec des terpènes d’origine botanique – des huiles qui aromatisent le cannabis.

Veryvell, une marque existante de Truss qui propose actuellement des gouttes d’extrait de cannabis, se concentrera sur les produits à base de cannabidiol et le bien-être, tandis que XMG et Mollo se concentreront sur les boissons généralement consommées lors d’occasions spéciales. Si certaines entreprises hésitaient à lancer cinq marques à la fois, M. Cooper a déclaré que Truss avait pris la décision de faire les choses différemment il y a un an.

« Cette catégorie a besoin de ce leadership et nous devions créer cette structure avec une offre étendue pour vraiment pouvoir effectuer une percée », a-t-il dit.

Faire en sorte que les produits comestibles au cannabis, y compris les boissons, aient bon goût est la clé de la stratégie de la plupart des entreprises, qui dépendent de l’intérêt de consommateurs occasionnels ou des premiers utilisateurs. Ces consommateurs peuvent facilement être découragés par l’idée de fumer de la marijuana, mais les boissons qui ont plutôt un goût de fruit ont longtemps été considérées par ces derniers comme une façon de tenter l’expérience.

Truss a étudié le marché et a découvert qu’environ 43 % de ceux qui ont consommé une boisson au cannabis l’ont fait parce que cela signifiait qu’ils pouvaient consommer de la marijuana sans avoir à en fumer. Les boissons peuvent également attirer ceux qui estiment que l’odeur de la fumée constitue un obstacle majeur à la consommation.

Près de 75 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’aiment pas l’odeur de la fleur de cannabis et 76 % ne consomment pas de marijuana parce qu’elles ne pensent pas que les méthodes de consommation traditionnelles permettent de contrôler le dosage.

Si Truss est prête à distribuer ses produits dans des boutiques, de nouveaux obstacles se sont manifestés. Il y a d’abord eu la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19 ainsi qu’un tarif douanier imposé par l’administration Trump sur l’aluminium canadien – que la société utilise puisque certaines de ses boissons se retrouvent dans des canettes.

Ces éléments ne semblent pas préoccuper M. Cooper.

À l’exception de légers retards de construction, la crise sanitaire n’a pas provoqué de répercussions négatives sur les activités de Truss, a-t-il dit. Le tarif de 10 % ne semble pas trop préoccuper M. Cooper.

« Nous avons un entrepôt plein de canettes, a-t-il lancé. Nous ne sommes pas inquiets. »