(Canberra) Le chef de la direction de Rio Tinto, Jean-Sébastien Jacques, va perdre près de 3,5 millions en prime en raison de la destruction d’un lieu aborigène sacré, en Australie, pour exploiter du minerai de fer.

Rod McGuirk Associated Press

La multinationale anglo-australienne a annoncé, lundi, que trois membres de sa haute direction seraient privés de primes en guise de sanction pour la destruction, en mai, de deux cavernes de 46 000 ans dans le secteur de Juukan George dans l’État d’Australie-Occidentale.

Chris Salisbury et Simone Niven vont perdre des primes d’une valeur d’environ 700 000 $ chacun. Les détails concernant ces pénalités vont être dévoilés l’an prochain dans le rapport sur la rémunération au sein de l’entreprise.

La minière a offert des excuses aux communautés propriétaires de ces cavernes sacrées les Peuples Puutu Kunti Kurrama et Pinikura.

« La destruction de ces cavernes n’aurait jamais dû se produire et nous sommes totalement investis pour écouter, apprendre et changer », a déclaré Rio Tinto par voie de communiqué.

Une enquête interne menée par l’entreprise a conclu que ce saccage n’était pas le résultat d’une erreur claire et directe. Selon le comité de révision, la minière avait obtenu l’autorité légale de procéder, mais n’aurait pas dû agir puisque cela « ne correspond pas aux standards et critères internes que Rio Tinto s’impose au-delà de ses obligations légales ».

Pour le directeur stratégique du Centre australasien pour l’imputabilité des entreprises, James Fitzgerald, le rapport interne de Rio Tinto constitue une insulte pour les propriétaires traditionnels de ce lieu sacré. James Fitzgerald plaide d’ailleurs pour le congédiement de Jean-Sébastien Jacques.

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Le chef de la direction de Rio Tinto, Jean-Sébastien Jacques

« On ne rapporte aucun lien avec eux et voilà qu’on les met à l’amende pour des millions de dollars », a commenté M. Fitzgerald au sujet des trois gestionnaires visés.

« Ce que cela me dit c’est qu’il ne s’agit que d’un geste vide de sens dans le but de détourner la colère des actionnaires et d’autres groupes », croit James Fitzgerald qui espère de meilleures explications de la part d’un comité parlementaire devant analyser l’incident.

Le président du comité, Warren Entsch, a déclaré précédemment que le geste de Rio Tinto de détruire un tel site culturel était difficile à croire.

« Il y a eu plusieurs alarmes et je suis très curieux de comprendre comment ces appels n’ont pas été vérifiés. C’est simplement incompréhensible », a-t-il ajouté.

L’État d’Australie-Occidentale a déjà promis de modifier les lois ayant permis à Rio Tinto de légalement détruire ces lieux sacrés.