La montréalaise Alithya, spécialisée dans la transformation numérique des organisations, vient de décrocher son plus important mandat aux États-Unis depuis son inscription en Bourse il y a deux ans.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Alithya a annoncé mercredi qu’elle avait été sélectionnée par l’hôpital pour enfants Nemours pour y implanter des services infonuagiques d’Oracle.

« On parle d’un des plus gros groupes d’hôpitaux pour enfants aux États-Unis », a commenté le PDG d’Alithya, Paul Raymond.

Il s’agit d’un contrat de trois ans d’une valeur de « plusieurs millions » de dollars. En plus de la valeur en argent, l’envergure du mandat réjouit Paul Raymond.

« C’est une des plus grandes implantations de la solution de services infonuagiques Oracle aux États-Unis dans le domaine de la santé à être réalisée dans l’industrie. »

Le PDG explique que ce contrat est le résultat de la stratégie de consolidation d’Alithya. Après avoir fusionné il y a deux ans avec Edgewater, spécialisée dans les systèmes d’entreprises, Alithya a acheté l’année dernière l’entreprise Travercent, spécialisée dans le domaine de la santé.

« La combinaison des deux fait en sorte qu’on a pu gagner ce contrat. »

Paul Raymond se montre très satisfait du rythme où vont les choses dans le contexte de la pandémie. « Au mois de mars, on était très préoccupés. Mais ç’a vraiment décollé en mai et juin. On a eu des signatures records de contrats. Notre taux de booking a atteint 114 %. C’est très bon, surtout dans le contexte de la COVID. »

Si, traditionnellement, l’implantation de logiciels d’affaires se faisait sur place en entreprise, dans le contexte de la COVID-19, les employés ne pouvaient plus voyager, alors Alithya a été forcée de s’adapter. « On a fait une douzaine de mises en production de systèmes à distance. C’est du jamais-vu. Si vous m’aviez demandé ça il y a six mois, je vous aurais répondu que c’est impossible », dit Paul Raymond.

Les employés d’Alithya travaillent à distance depuis la mi-mars. « Ça nous ouvre des opportunités incroyables parce qu’on a des gens un peu partout sur la planète. On est capables d’utiliser des gens en France pour des projets au Québec et des gens du Québec pour des projets aux États-Unis. Ça nous facilite la tâche alors qu’au début, on croyait que ça nous compliquerait la vie. »

Paul Raymond espère que ça continuera. « Je suis persuadé qu’on en a encore pour un an ou deux dans le contexte actuel. Par contre, dans notre stratégie à long terme, on veut s’assurer qu’on garde ça en place parce qu’il y a des économies importantes pour les clients. Auparavant, les déplacements des gens qui devaient voyager pour réaliser des projets coûtaient des millions par année. »

Le grand patron d’Alithya explique que beaucoup de clients ont accéléré non seulement le télétravail, mais aussi l’adoption de technologies infonuagiques pour permettre aux gens de travailler à distance parce que ce n’est pas juste une question de permettre aux employés de partir avec un portable pour travailler de la maison. « Il faut que les gens se branchent au système de l’entreprise et souvent, il y a des systèmes moins récents en place qui ne le permettent pas. »

En Bourse, l’action d’Alithya tarde à se remettre de la tourmente de mars qui a fait culbuter les marchés.

« Un des gros défis d’une entreprise de notre taille est la liquidité de ses actions sur le marché. La plupart de nos actions sont détenues par des institutionnels, les employés et la direction. Il y a peu de volume sur le titre. Dès que s’échangent quelques milliers d’actions, le titre monte de 10 % ou baisse de 10 % comme on l’a vu récemment », dit Paul Raymond.

La façon d’augmenter la liquidité, dit-il, est de faire plus d’acquisitions en utilisant notamment l’action (comme monnaie) et ainsi augmenter la base de petits actionnaires. L’ennui, c’est qu’avec la chute du titre, cette « monnaie » a moins de valeur.

Quoi qu’il en soit, Paul Raymond garde le cap. Les dirigeants ont révélé l’an passé avoir l’ambition de doubler la taille de l’entreprise sur un horizon de trois à cinq ans par une combinaison de croissance organique et d’acquisitions. « On est conscients que tant qu’on n’aura pas réalisé deux ou trois acquisitions importantes, le volume sur le titre restera semblable à ce qu’il est aujourd’hui. »

Paul Raymond affirme que les émissions d’actions futures se feront « à bon prix » pour faire en sorte que la dilution soit moins importante que la création de valeur.