(Moscou) Le géant russe de l’aluminium Rusal a annoncé jeudi des résultats trimestriels en forte baisse sur un an, plombés par la crise du coronavirus et l’importante pollution au carburant du groupe Norilsk Nickel, dont il est actionnaire.  

Agence France-Presse

D’avril à juin, le groupe coté à Hong Kong a enregistré une perte nette de 124 millions de dollars, contre un bénéfice net de 625 dollars sur la même période il y a un an.  

La perte nette ajustée avait elle-même diminué de 37,5 %, passant d’une perte de 98 millions de dollars au deuxième trimestre 2019 à une perte de 63 millions de dollars au deuxième trimestre 2020.

Pour expliquer ces résultats, Rusal indique dans un communiqué avoir souffert de « l’importante agitation sur le marché mondial déclenchée par l’épidémie de coronavirus ».  

Le groupe cite l’effondrement abrupt des prix du pétrole-suite à une guerre des prix entre Moscou et Riyad-entraînant dans son sillage les prix des matières premières, la forte volatilité des marchés financiers et l’importante dépréciation du rouble.  

Le prix de l’aluminium, déjà à la peine avant la pandémie, « a continué de se détériorer ». Au premier semestre 2020, ce dernier a perdu près de 13 % sur un an.  

Le chiffre d’affaires a lui baissé de 15,2 % à 4,015 milliards de dollars, tandis que l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté a fondu de 58,5 % à 219 millions de dollars.  

La période a également été marquée par la fuite fin mai de 21 000 tonnes de carburant dans plusieurs cours d’eau de l’Arctique russe après l’affaissement d’un réservoir d’une société de Norilsk Nickel, premier producteur de palladium et de nickel au monde dont Rusal est actionnaire (27,82 %).

L’agence russe de surveillance de l’environnement a réclamé un dédommagement record de 147,8 milliards de roubles (1,7 milliard d’euros au taux actuel) à Norilsk Nickel, une somme contestée par le groupe.

Ce conflit a l’allure d’un bras de fer entre les oligarques milliardaires Oleg Deripaska, qui contrôle Rusal, et Vladimir Potanine, le principal actionnaire de Norilsk Nickel (34,54 %).

Rusal a réclamé en juillet le changement de direction de Norilsk Nickel et la relocalisation de son siège de Moscou à la ville de Norilsk, près du lieu de la pollution.  

Mercredi, la holding Interros de Vladimir Potanine a accusé Rusal d’« utiliser cette fuite de carburant pour mettre Norilsk Nickel sous pression […] afin d’obtenir des dividendes maximum ».