(Montréal) Lueur d’espoir : les négociations en vue du renouvellement de la convention collective viennent de reprendre, après plus d’un mois de grève dans sept résidences pour aînés du Groupe Chartwell.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Quelque 500 travailleurs, principalement des préposés aux bénéficiaires, ont amorcé leur débrayage le 10 juillet dernier dans sept de ces résidences pour personnes âgées, à Québec et au Saguenay.

La reprise des négociations a été confirmée tant par la direction du Groupe Chartwell que par le Syndicat québécois des employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, qui représente ces travailleurs.

En entrevue, la présidente du SQEES, Sylvie Nelson, a précisé que les négociations avaient repris mardi, du moins pour la région de Saguenay. Elle espère que les négociations touchant les résidences de Québec suivront bientôt. Des rencontres de négociation sont aussi prévues la semaine prochaine pour le Saguenay.

Mme Nelson souligne qu’il n’y avait pas eu de négociation avec l’employeur depuis le déclenchement de la grève, il y a presque cinq semaines.

« On est heureux d’avoir pu reprendre cette semaine les pourparlers avec les représentants syndicaux de la région de Saguenay. Cette ouverture est un pas dans la bonne direction pour faire évoluer nos offres salariales et continuer à maintenir la grande qualité de services à nos résidents, surtout pendant la pandémie », a fait savoir de son côté Marie-France Lemay, vice-présidente aux opérations et ventes chez Chartwell.

La majorité de ces travailleurs sont des préposés aux bénéficiaires. Ils touchent environ 14 $ l’heure — avant la prime COVID temporaire versée par le gouvernement du Québec. D’autres employés, aux services alimentaires, à l’entretien, à la buanderie, peuvent gagner moins.

Le salaire minimum au Québec est de 13,10 $ l’heure depuis le 1er mai.

Le SQEES revendique 15 $ l’heure à l’embauche et 1 $ d’augmentation par année pour un contrat de trois ans.

Mme Nelson s’est dite optimiste avec ce retour à la table de négociation, alors que les parties n’avaient même pas négocié depuis le 10 juillet. « On espère que ça va donner quelque chose. Optimiste ? Oui. Mais c’est sûr qu’on s’attend à tout. On espère que Chartwell va comprendre. »

Bien que Chartwell soit le plus important employeur privé au Québec et au Canada dans son domaine, il assure que ses rendements ne sont pas si élevés. « Une fois qu’on a payé les salaires, qui représentent la majorité de nos dépenses, les hypothèques et les frais d’exploitation, notre rendement s’élève en moyenne à 4 % par an », a soutenu Mme Lemay.

Les services essentiels sont assurés durant la grève, même s’il s’agit d’un employeur privé. Le Tribunal administratif du travail a rendu une décision à cet effet le 3 juillet.

Le syndicat s’est engagé à mettre fin à la grève, si une éclosion de coronavirus venait à être déclarée dans une résidence.

Les résidences touchées sont celles des Appartements de Bordeaux à Québec, Chartwell Domaine de Bordeaux à Québec, Chartwell Faubourg Giffard à Québec, Chartwell (CSH-HCN Lessee) Manoir Archer à Québec, Chartwell Villa du Saguenay à Saguenay, Chartwell Villa Chicoutimi à Saguenay et Chartwell Villa Jonquière à Saguenay.