(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau affirme avoir encore totalement confiance en son ministre des Finances.

Lina Dib
La Presse canadienne

M. Trudeau dément ainsi les articles parus cette semaine selon lesquels il songerait à remplacer Bill Morneau par l’ancien gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney.

M. Morneau est en eaux troubles depuis les révélations des liens entre l’organisme de charité UNIS et sa famille. Le gouvernement fédéral avait accordé un contrat à UNIS pour gérer un programme de bourses élaboré en réponse à la pandémie.

La famille de M. Trudeau a, elle aussi, des liens avec l’organisation charitable qui a choisi d’abandonner le contrat qu’Ottawa lui avait accordé.

Les partis d’opposition réclament la démission de M. Morneau depuis que cette affaire a éclaté.

Mardi, le bureau du premier ministre a publié un communiqué pour nier que le ministre des Finances allait bientôt se faire montrer la porte.

« Depuis que nous avons formé le gouvernement, le ministre Morneau a travaillé sans relâche avec tous ses collègues, et en étroite collaboration avec le premier ministre, afin d’apporter un soutien essentiel aux Canadiens pour bâtir une économie forte et résiliente », peut-on y lire.

Le communiqué vante le « rôle de premier plan » qu’a joué le ministre depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir en 2015, insistant sur son travail des derniers mois pour la création, entre autres, de la prestation canadienne d’urgence (PCU) et de la subvention salariale.

« Bien entendu, le premier ministre fait entièrement confiance au ministre Morneau, et toute déclaration contraire est fausse. Le premier ministre sait que le ministre Morneau et tous les membres du Conseil des ministres continueront de faire le travail nécessaire pour aider les Canadiens à traverser cette pandémie », ajoute-t-on.

L’opposition conservatrice, qui continue de réclamer la tête de M. Morneau, dit, du même souffle, que son départ ne changerait rien à la situation. Selon Andrew Scheer, qui en est à ses derniers jours comme chef de l’opposition officielle, c’est le premier ministre lui-même qui est le problème.

« On ne va pas avoir un grand impact sur l’économie entre Bill Morneau et quelqu’un d’autre quand Justin Trudeau est le premier ministre », a laissé tomber M. Scheer lors de ce qui aura probablement été son dernier point de presse comme chef sur la colline parlementaire, mardi avant-midi.

Le nom de Mark Carney, qui a aussi dirigé la Banque d’Angleterre, circule depuis des années dans les cercles libéraux. On l’imagine, à intervalles réguliers, se lancer en politique. Cette semaine, il a été confirmé que M. Carney, depuis quelque temps, sert de conseiller à M. Trudeau et l’aide à imaginer les mesures à prendre pour relancer l’économie durement frappée par la pandémie.