Forts de résultats trimestriels meilleurs que prévu avec le choc économique de la pandémie, les dirigeants de la multinationale du génie-conseil WSP Global, établie à Montréal, ont proclamé leur confiance pour les prochains trimestres en ravivant les prévisions de résultats annuels qu’ils avaient mis de côté au pire de la crise.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

« Nous avons obtenu de solides résultats au deuxième trimestre, en plus de dépasser nos objectifs de trésorerie et de marge bénéficiaire », s’est réjoui le président et chef de la direction de WSP, Alexandre L’Heureux, lors de sa présentation des résultats aux analystes et aux actionnaires.

« Maintenant que le choc initial de la pandémie est derrière nous, et que nos principaux marchés redéfinissent leur nouvelle normalité malgré les incertitudes qui persistent, nous remettons à jour nos perspectives pour 2020 en nous appuyant sur des objectifs révisés récemment, tout en continuant de suivre de très près l’évolution de la situation dans nos marchés. »

Pour l’essentiel, la direction de WSP anticipe des revenus annuels entre 6,7 et 7 milliards CAN, ce qui serait de 1 à 5 % inférieur aux revenus de 2019, et très proche de la prévision moyenne de 7,1 milliards parmi les analystes.

Au chapitre du bénéfice d’exploitation (BAIIA) ajusté, qui est une mesure de rentabilité prisée parmi les analystes, la direction de WSP la prévoit tout juste au-dessus du milliard de dollars, ce qui correspond aussi à la prévision moyenne de 1,03 milliard des analystes.

Même abaissées de 5 % par rapport aux prévisions de début d’année, et légèrement inférieures aux résultats de fin d’année 2019, ces prévisions révisées pour 2020 ont été accueillies avec satisfaction parmi les analystes et les investisseurs.

En Bourse, ça s’est manifesté par un sursaut de presque 3 % du prix des actions de WSP en cours de séance, tout juste au-dessus des 88 $. Elles ont terminé en hausse de 1,6 % à 86,97 $, ce qui se situe aux deux tiers du chemin entre le creux de 61 $ l’action, lors de la panique boursière de mars, et la cote record de 97 $ atteinte un mois plus tôt, au début de février.

INFOGRAPHIE LA PRESSE

« Après un léger manque à gagner au premier trimestre, WSP Global s’est repris au deuxième trimestre en dépassant les objectifs de flux de trésorerie et de marge bénéficiaire. Cette performance résiliente indique que, même si d’autres ajustements à sa structure de coûts pourraient être nécessaires, WSP s’est bien adaptée à la nouvelle normalité d’affaires façonnée par la crise de COVID-19 », estime l’analyste Frederic Bastien, de la firme Raymond James à Vancouver, dans une note à ses clients-investisseurs.

Avec son carnet de commandes à un autre niveau record, à 8,6 milliards [+5 % sur un an], et son taux d’endettement au plus bas depuis des années, tout indique que WSP est prête à passer de la défensive à l’offensive dans son plan d’affaires.

Frederic Bastien, analyste chez Raymond James à Vancouver

Chez Desjardins Marchés des capitaux, l’analyste montréalais Benoit Poirier se dit « satisfait des résultats du deuxième trimestre de WSP, qui démontrent une fois de plus la résilience de sa plateforme d’affaires diversifiée. Et même si la croissance organique [hors acquisition] a été inférieure aux attentes, la forte maîtrise des coûts d’opération par la direction de WSP lui a permis de dégager de solides marges bénéficiaires ».

Dans ce contexte, anticipe Benoit Poirier, « avec son bilan impeccable et sa solide feuille de route, WSP m’apparaît bien positionnée pour recréer de la valeur pour ses actionnaires en relançant sa stratégie de croissance par fusion et acquisition, une fois que la conjoncture économique de pandémie se sera stabilisée ».

À ce sujet, d’ailleurs, les dirigeants de WSP sont demeurés muets en téléconférence d’analystes sur les rumeurs qui ont circulé en Bourse le printemps dernier sur un possible projet de fusion ou d’acquisition d’actifs avec sa vis-à-vis américaine Aecom.

Ces rumeurs avaient été ravivées en juin après la réussite d’une émission d’actions de WSP à hauteur de 500 millions en capital frais à son bilan.

Résultats

En début de soirée mercredi, WSP a annoncé un bénéfice et des revenus du deuxième trimestre essentiellement stables par rapport à la même période l’an dernier.

Les revenus du trimestre clos le 27 juin ont été comptabilisés à 1,75 milliard, alors qu’ils avaient été de 1,77 milliard un an plus tôt.

Le profit net trimestriel (attribuable aux actionnaires) s’est établi à 88,6 millions, ou 83 cents par action, alors qu’il avait été de 88,7 millions, ou 84 cents par action, pour la même période l’an dernier.

Le bénéfice ajusté – qui exclut des éléments non récurrents – a atteint 92,1 millions, en léger repli par rapport au bénéfice ajusté de 94 millions qui avait été calculé lors du même trimestre l’an dernier.

Chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne (VMBL), l’analyste montréalaise Mona Nazir se dit « satisfaite qu’en dépit des perturbations causées par la COVID-19 et un contexte opérationnel difficile, le chiffre d’affaires net n’a baissé que de 1,2 % sur une base annuelle et le bénéfice d’exploitation [BAIIA] a dépassé les estimations, avec une marge bénéficiaire accrue de 80 points de base [+0,8 %] ».

L’analyste de VMBL se dit aussi « agréablement surprise par la réintroduction [par la direction de WSP] des prévisions de fin d’année 2020 qui avaient été retirées durant la crise de la COVID-19 Ces prévisions de chiffre d’affaires et de BAIIA annuels sont largement stables [par rapport aux résultats de 2019] et seulement 5 % inférieures à celles fournies en début d’année. Je demeure donc optimiste sur la continuité de la stratégie de WSP de croissance par acquisition, appuyée par un solide bilan, et son potentiel de croissance de valeur pour ses actionnaires. »

— Avec La Presse canadienne

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