La Caisse de dépôt et placement du Québec a perdu 8 milliards au premier semestre 2020, marqué par la crise sanitaire mondiale. Le rendement de -2,3 % est pire que l’indice de référence qui est un peu au-dessus de 0 %.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Deux facteurs expliquent cette contre-performance par rapport au portefeuille de référence : l’exposition significative de la Caisse aux centres commerciaux frappés de plein fouet par la pandémie et la sous-pondération de son portefeuille d’actions dans les titres du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Cette dernière situation avait été décrite par La Presse en juillet 2019.

L’actif net de la Caisse s’établit à 333 milliards au 30 juin 2020.

Le début de l’année 2020 a été pénible pour la filiale immobilière de la Caisse. Pour la première moitié de l’année, le portefeuille Immeubles affiche un rendement de -11,7 %.

Du côté du portefeuille Infrastructures, la Caisse obtient un rendement de -1,0 % pour le premier semestre. Ses investissements dans les énergies renouvelables et les télécommunications ont sauvé la mise pendant que l’activité, au plus fort de la crise, cessait dans les aéroports en portefeuille.

En revenu fixe, dans un environnement de taux baissiers, la catégorie génère un rendement de 4,1 % en six mois.

Finalement, en ce qui concerne la catégorie Actions, au premier semestre, le rendement de -5,0 % de cette catégorie d’actif s’explique notamment par une présence limitée des titres technologiques dans le portefeuille Marchés boursiers, durant une période de pandémie où ceux-ci ont battu des records.

Les titres des GAFAM enregistrent une performance de 31,4 % en six mois.

Le portefeuille actions aussi souffert de la dégringolade, temporaire, souhaitons-le, des valeurs de grandes capitalisations québécoises dans lesquelles la Caisse a une grosse position.

Durant la première moitié de 2020, l’économie mondiale a été frappée par une crise sans précédent, tant par sa rapidité que par son ampleur. Les politiques monétaires exceptionnelles des banques centrales, jumelées aux plans de soutien historiques déployés par les gouvernements, ont permis d’éviter que la récession ne se transforme en dépression, mais on observe une dichotomie croissante entre l’économie réelle et les marchés financiers.

Charles Emond, président et chef de la direction de la Caisse

La Caisse ne vit pas une crise comme en 2008

« Malgré le contexte mondial très difficile des derniers mois, la Caisse a toute la solidité financière requise pour répondre aux conditions de son environnement d’affaires et produit des rendements supérieurs aux besoins de ses déposants sur le long terme. », a ajouté M. Emond.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Le patron de la Caisse de dépôt, Charles Emond

Les charges d’exploitation annualisées de la Caisse s’établissent à 23 cents par 100 $ d’actif net moyen, un niveau qui se compare favorablement à celui de son industrie et qui est identique à celui de l’an dernier à pareille date.