(Toronto) La société mère de Bell Canada a vu son bénéfice net chuter de près de 70 % par rapport à la même période l’an dernier en raison de l’impact de la pandémie sur l’activité économique et la demande des clients, mais son patron a affirmé jeudi qu’elle était en bonne position pour résister aux vents contraires.

David Paddon
La Presse canadienne

Mirko Bibic, le président et chef de la direction de Bell et de sa société mère, BCE, a indiqué aux analystes que les sociétés avaient généré des flux de trésorerie substantiels sans aucun paiement de dette à court terme, ce qui lui a donné la souplesse financière nécessaire pour maintenir ses dividendes et ses dépenses en immobilisations.

« Même si nous ne prévoyons pas revenir à la performance opérationnelle pré-COVID à court terme, le troisième trimestre devrait montrer une nette amélioration. Nous sommes toujours très confiants vis-à-vis des données fondamentales à long terme et de la performance de BCE », a affirmé M. Bibic.

« Au cours de la COVID, nous avons fait des progrès significatifs dans l’avancement de nos priorités stratégiques afin de générer une dynamique opérationnelle soutenue à court terme et de sortir de la crise dans une position concurrentielle encore plus forte. »

Bénéfice en baisse

BCE a dévoilé plus tôt jeudi que son bénéfice net attribuable aux actionnaires avait reculé à 237 millions pour le trimestre clos le 30 juin, alors qu’il avait été de 761 millions un an plus tôt.

Le profit par action a atteint 26 cents au plus récent trimestre, contre 85 cents au deuxième trimestre de l’an dernier.

La baisse comprenait une charge de dépréciation hors trésorerie de 452 millions reflétant la valeur actuelle des actifs de télévision et de radio de Bell Média.

Le bénéfice ajusté par action, qui exclut certaines dépenses, a chuté de 32,3 % à 63 cents d’une année sur l’autre — en dessous des prévisions d’analystes recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Les revenus étaient également légèrement inférieurs aux estimations des analystes, à 5,35 milliards, en baisse de 9,1 % par rapport à ceux de 5,89 milliards du deuxième trimestre de l’an dernier.

Les analystes misaient en moyenne sur un bénéfice ajusté de 69 cents par action, avec des revenus de près de 5,37 milliards.

La montréalaise BCE exploite ses activités sous une vaste gamme de marques, notamment Bell, Bell Mobilité, Virgin Mobile, Lucky Mobile, CTV, RDS et la chaîne de vente au détail La Source.

Ses concurrents nationaux dans le domaine du sans-fil sont Rogers Communications (propriétaire des marques Rogers, Fido et Chatr), et Telus (Telus, Koodo et Public Mobile).

Moins de désabonnements dans le sans-fil

Sur le front du sans-fil, Bell et ses concurrents ont tous indiqué avoir été confrontés à de graves défis liés à la COVID en mars, avril et mai — lorsque de nombreuses régions du Canada ont imposé de strictes mesures de confinement aux entreprises pour limiter la propagation de la maladie.

Les fermetures de magasins ont limité la capacité des opérateurs à vendre de nouveaux téléphones et services, mais comme le problème touchait tout le monde, les consommateurs ne changeaient généralement pas non plus de fournisseur. Cela s’est traduit par des taux de désabonnement d’une faiblesse record dans de nombreux cas.

L’analyste Drew McReynolds, de RBC Dominion valeurs mobilières, a souligné jeudi, dans une note de recherche avant la conférence téléphonique de BCE, que les revenus et le bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement des services sans fil de Bell avaient moins diminué que prévu.

L’analyste de Canaccord Genuity, Aravinda Galappatthige, a pour sa part noté que les revenus des services sans fil de Bell étaient en baisse de 6,3 %, ce qui était supérieur à ses attentes, mais que les ajouts d’abonnés postpayés étaient en avance sur ses estimations à 21 600.

Le directeur financier de BCE, Glenn Leblanc, a indiqué aux analystes que les dépenses liées à la COVID au cours du trimestre comprenaient 36 millions de provisions pour les éventuelles créances irrécouvrables des clients.

La réinstallation des agents des centres d’appels pour le télétravail, l’achat d’équipements de protection individuelle et l’augmentation des dépenses d’assainissement et de nettoyage ont porté le total des coûts directs de la pandémie à 85 millions, en incluant les provisions pour créances irrécouvrables supplémentaires, a-t-il précisé.

Outre la réduction du bénéfice de BCE provenant de ses propres activités, ses revenus tirés de sa participation partielle dans Maple Leaf Sports and Entertainment, le propriétaire des équipes torontoises des ligues majeures de hockey et de basketball.

Malgré ces baisses, M. Leblanc a indiqué que les flux de trésorerie disponibles de BCE avaient augmenté de 50 % par rapport l’an dernier pour atteindre 1,6 milliard, en partie en raison de la réduction des dépenses en immobilisations au cours des premières étapes de la pandémie.

« L’activité de construction a maintenant considérablement augmenté », a précisé M. Leblanc.

Entreprises dans cette dépêche : (TSX : BCE, TSX : RCI. B, TSX : T, TSX : QBR. B, TSX : SJR. B)