(Montréal) Le Groupe SNC-Lavalin procédera à une restructuration de sa division déficitaire des ressources et planifie d’en vendre ou fermer ses parties qui perdent de l’argent, ainsi que de regrouper les éléments restants dans sa division des services d’ingénierie.

Christopher Reynolds
La Presse canadienne

Cette annonce, faite vendredi, s’est accompagnée de résultats inférieurs aux attentes des analystes, la firme d’ingénieurs ayant perdu 111,6 millions au deuxième trimestre, comparativement à une perte de 2,12 milliards pour la même période un an plus tôt.

« D’ici la fin de 2020, le volet des projets du secteur des ressources sera presque entièrement réduit et les contrats clé en main à prix forfaitaire connexes seront principalement achevés », a indiqué SNC-Lavalin dans un communiqué.

La société prévoit que les nouvelles activités de ce secteur seront rentables l’année prochaine.

Cette décision, qui conclut une révision stratégique lancée par le chef de la direction, Ian Edwards, à son arrivée à la tête de l’entreprise en juin 2019, réduira les efforts de SNC sur les ressources aux Amériques et au Moyen-Orient, où la société a indiqué entretenir « des relations d’affaires rentables avec des clients de longue date » dans les activités relatives à l’énergie et à l’exploitation minière.

Le détournement des ressources réduira les activités de ce segment, qui ne sera plus présent que dans neuf pays plutôt que 30, et fera passer la taille de son effectif de 15 000 à 8000 employés d’ici la fin de l’année. Quelque 2000 départs supplémentaires sont prévus en 2021, a précisé SNC.

La division des ressources a continué de peser sur la rentabilité de l’entreprise au plus récent trimestre. Ses projets clé en main dits forfaitaires – des contrats à prix fixe en vertu desquels les entreprises doivent absorber les dépassements de coûts – représentaient 78 % de la perte ajustée avant intérêts et impôts de 122 millions.

M. Edwards s’est engagé il y a un an à se retirer des projets à prix fixe. Un de ces contrats de ressources a été achevé au dernier trimestre et la grande majorité des travaux pour les quatre contrats restants devraient être complétés d’ici la fin de 2020 – « une étape clé pour retirer le risque des activités de l’entreprise », a observé l’analyste de Valeurs mobilières Desjardins Benoit Poirier dans une note de recherche.

« En fin de compte, bien que nous reconnaissions que les résultats (du deuxième trimestre) de SNC étaient inférieurs aux attentes, nous notons que l’échec était lié à des projets clé en main forfaitaires que la direction est en train d’abandonner », a affirmé M. Poirier.

SNC a annoncé la restructuration en marge du dévoilement d’une perte nette de 64 cents par action pour le trimestre clos le 30 juin, comparativement à une perte de 12,07 $ par action un an plus tôt. La perte trimestrielle comprend une somme de 47,3 millions en coûts de restructuration principalement reliés à la transformation des services des ressources.

La perte ajustée s’est améliorée à 31,6 millions, ou 18 cents par action, par rapport à celle de 234,2 millions, ou 1,34 $ par action, du deuxième trimestre de 2019.

Les revenus ont diminué de 14,5 % pour s’établir à 1,95 milliard, contre 2,28 milliards l’année précédente.

Les analystes attendaient un bénéfice ajusté de 6 cents par action et un chiffre d’affaires de 2 milliards, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

« Les défis de SNC se sont aggravés avec la COVID », a estimé Mona Nazir, analyste pour la Banque Laurentienne, dans une note de recherche.

M. Edwards a évoqué le ralentissement économique provoqué par la pandémie – qui a forcé l’interruption des projets de construction et de ressources dans le monde entier – ainsi que la baisse des prix du pétrole pour faire valoir que son pivot vers les services d’ingénierie de base était la bonne décision.