(Washington) Le voyagiste en ligne américain Expedia, frappé de plein fouet par la pandémie mondiale de COVID-19, a enregistré des résultats trimestriels catastrophiques et pires qu’escomptés par les analystes, a annoncé jeudi le groupe dans un communiqué.

Agence France-Presse

Son chiffre d’affaires s’est effondré de 82 % au deuxième trimestre, à 566 millions de dollars alors que les analystes tablaient sur 675,3 millions.

Il a en outre accusé une perte nette de 753 millions de dollars contre un bénéfice de 183 millions au deuxième trimestre de 2019.

La pandémie, qui s’est répandue dans le monde à partir de début janvier, a obligé la plupart des pays à prendre des mesures de confinement drastiques, clouant au sol les avions, obligeant les hôtels à fermer pour tenter d’endiguer le virus.

Ajustée par action et hors éléments exceptionnels, la perte s’élève à -4,09 dollars contre +1,77 dollar en 2019, quand les marchés misaient sur une perte de -3,34 dollars par action.

« Le deuxième trimestre de 2020 constitue probablement le pire trimestre que l’industrie du voyage ait connu dans l’histoire moderne et Expedia n’a bien sûr pas été épargné », a réagi le PDG Peter Kern, cité dans le communiqué.

« Cependant, après le creux enregistré en avril, nous avons constaté une amélioration constante dans les réservations en mai et juin avec moins d’annulations », a ajouté le patron du groupe qui comprend Hotels.com, Hotwire, Travelocity, Cheaptickets, Egencia ou encore CarRentals.com.  

Il s’attend néanmoins à une reprise parsemée d’embûches alors que la pandémie n’est pas encore sous contrôle, notamment aux États-Unis, et que « des restrictions nationales et régionales sont en constante évolution ».

À défaut de pouvoir contrôler ces changements à court terme, le groupe entend se focaliser sur « le nécessaire travail stratégique à long terme ».

« En remodelant et en simplifiant notre organisation, nous nous sommes mis en position d’optimiser nos marques, nos données et nos technologies de plateforme », a assuré M. Kern.  

Et grâce aux efforts « considérables » des équipes, il s’est dit « convaincu » du fait que le groupe était « sur la bonne voie pour sortir de la pandémie en étant mieux armé » pour l’avenir.

Juste avant la crise sanitaire, le groupe avait notamment commencé à diversifier sa stratégie de marketing pour ne plus apparaître presque gratuitement en tête des résultats du moteur de recherche dominant Google.

Il avait, par exemple, investi dans les influenceurs sur les réseaux sociaux (Instagram et Facebook), les publicités vidéo en ligne, etc.

Au 2e trimestre, les revenus provenant de la publicité et des médias ont diminué de 91 %, a aussi précisé le groupe.

Le titre cédait 2,78 % vers 16 h 45 dans les échanges d’après-séance à Wall Street.