(Montréal) La relance du service aérien de Transat A. T. coïncide avec une modification de sa politique pour les vols annulés à cause de la pandémie de COVID-19, mais cette dernière ne propose toujours pas de remboursements, comme le souhaiteraient plusieurs voyageurs.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Désormais, les crédits de voyage offerts par le voyagiste n’auront plus de date d’expiration, alors que ceux-ci étaient autrefois valides pour 24 mois, et seront transférables à une autre personne, a fait savoir jeudi la société mère du transporteur Air Transat.

« Nous comprenons que (le crédit ne convient) pas à tout le monde, a expliqué un porte-parole du voyagiste, Christophe Hennebelle, au cours d’un entretien téléphonique. Nous cherchons des solutions pour s’assurer que cette mesure puisse satisfaire le plus grand nombre de voyageurs. On veut s’assurer que personne ne perde d’argent. »

Transat A. T. emboîte ainsi le pas à Air Canada, qui offrait ces options — aucune date d’expiration et la transférabilité du crédit — à sa clientèle depuis le mois de mai.

Interrogé à savoir si l’option du transfert pouvait paver la voie à un marché parallèle où certains crédits pourraient être mis en vente par des voyageurs qui souhaitent récupérer leur argent, au complet ou en partie, M. Hennebelle a répondu que la compagnie comptait garder un œil sur la chose.

« Les détails seront sur le site (internet) prochainement, mais on s’assurera que le crédit sera transféré avec l’accord de la personne qui en est le détenteur », a-t-il souligné.

Depuis le début de la crise sanitaire, plutôt que d’offrir des remboursements, les compagnies aériennes canadiennes ont généralement offert des crédits aux clients qui ont payé des voyages n’ayant jamais eu lieu en raison de la pandémie provoquée par la propagation du nouveau coronavirus.

Cette approche a été vivement critiquée par plusieurs membres de la classe politique et des groupes de défense des consommateurs.

Selon les plus récentes informations financières disponibles, les « dépôts de clients et revenus différés », essentiellement des sommes versées pour des voyages à venir, reçus par Transat A. T. s’élevaient à 605 millions à la fin du deuxième trimestre terminé le 30 avril.

Le mois dernier, Air Canada avait permis à certains clients de récupérer leur argent, mais pas aux voyageurs ayant acheté leur billet au Canada. Les remises s’appliquaient seulement pour des vols au départ de l’Union européenne, de la Suisse et l’Islande en cas de retard ou d’annulation d’un vol. WestJet avait également accepté d’effectuer des remboursements pour des vols incluant une ville américaine ou britannique comme destination ou origine.

Redécollage progressif

Cloués au sol pendant 112 jours, les avions d’Air Transat recommençaient à offrir des vols commerciaux, jeudi, à destination de Toulouse, en France, Paris ainsi que Londres — après une escale à Toronto.

Les premiers avions à traverser l’Atlantique pour se rendre dans l’Hexagone étaient « presque pleins », a souligné le porte-parole du voyagiste, précisant que les réservations étaient au rendez-vous pour des destinations comme le Portugal et Haïti.

D’ici le 2 août, le « programme d’été réduit » devrait offrir 24 liaisons sur quelque 20 destinations. Cela permet de procéder au rappel progressif d’environ 1000 des quelque 4000 employés mis à pied temporairement en avril dernier.

« Ce qui redémarre, c’est de l’ordre d’environ 20 % d’un programme (aérien) normal, a expliqué M. Hennebelle. On va voir comment les choses se passent. Après, on commencera à réfléchir au programme d’hiver. »

Dans un communiqué, la chef de l’exploitation de Transat A. T., Annick Guérard, a souligné le caractère unique de la pandémie en rappelant que dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, les activités de la compagnie n’avaient été interrompues que pendant deux jours.

Air Transat permet la réservation de tous les sièges, y compris ceux du milieu, à bord de ses avions.

Le gouvernement canadien déconseille toujours les voyages non essentiels à l’extérieur du pays ainsi qu’à bord des navires de croisières. Les voyageurs qui arrivent au pays, même les citoyens canadiens, doivent toujours procéder à une période d’isolement de 14 jours.

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