Le compte à rebours d’un mois commence pour l’achat du Cirque

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Maintenant que la proposition des créanciers du Cirque du Soleil est officiellement considérée comme la soumission d’amorce dans le cadre du processus judiciaire pour la relance de l’entreprise, les groupes qui souhaitent participer aux « enchères » peuvent se manifester à compter de lundi.

Il n’est pas impossible que des offres concurrentes à celle des créanciers surviennent. Mais selon nos informations, les probabilités ne sont pas élevées. C’est « rendu cher », nous indique une source liée au Cirque, qui n’est pas nommée parce qu’elle n’est pas autorisée à commenter l’affaire publiquement.

Une offre pourrait venir du champ gauche.

Guy Laliberté était représenté par un avocat de son holding Lune Rouge vendredi durant l’audience officialisant la soumission d’amorce. Le cofondateur du Cirque semble toujours s’intéresser à sa relance, mais il demeure discret sur l’identité de ses partenaires.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Guy Laliberté

Bien qu’elle se soit officiellement retirée du processus d’enchères jeudi, Québecor continue de s’intéresser à la transaction. Le fonds américain TPG, l’actionnaire majoritaire de l’entreprise en restructuration, aussi. Ces firmes pourraient très bien négocier avec les créanciers pour tenter d’intégrer leur groupe. Des développements à cet égard ne sont pas à écarter au cours des prochaines semaines.

Dans le cas de Québecor, Bay Street suit de près ce que l’entreprise dirigée par Pierre Karl Péladeau compte faire. Des investisseurs craignent que Québecor ne paie trop cher pour s’impliquer dans le dossier, ont souligné des analystes le printemps dernier.

D’autres pourraient encore lever la main, théoriquement. Des représentants de MGM, partenaire de longue date du Cirque, étaient présents aux récentes audiences judiciaires sur la restructuration. Des groupes avaient aussi signé une entente de confidentialité en juin pour consulter les livres du Cirque, dont la société de télécommunications Rogers, de même que Feld Entertainment, un producteur de spectacles partenaire du géant Disney.

Pour être admise dans la course, une offre rivale doit au minimum valoir 1,5 million US de plus que celle des créanciers, évaluée à 1,2 milliard US. Mais en réalité, il faut beaucoup plus, car acheter le Cirque est une chose, mais relancer les activités en est une autre et nécessitera des injections de capitaux.

Un échéancier serré

Dès lundi, les parties intéressées peuvent demander et obtenir des informations financières sur le Cirque, moyennant la signature d’une entente de confidentialité. Elles auront jusqu’au 27 juillet pour révéler leur intention ferme de participer au processus.

Selon le nouvel échéancier présenté, les prétendants auront ensuite jusqu’au 18 août pour soumettre une proposition. S’il y a plus d’une offre à ce moment, des enchères suivront le 25 août dans l’objectif d’en arriver à une clôture de transaction au plus tard le 30 septembre. Car les coffres du Cirque pourraient bien être vides après cette date.

Le 18 août arrivera vite. C’est peu de temps pour assembler tous les morceaux nécessaires au dépôt d’une offre supérieure à celle des créanciers. En même temps, ce dossier a été hautement médiatisé depuis trois mois. Les gens que le Cirque intéresse ont eu le temps de réfléchir à la situation.

La firme torontoise Catalyst a flairé la bonne affaire il y a des mois déjà en accumulant au rabais des « tranches » de dette du Cirque, au point d’être devenue le plus important détenteur de dette dans le groupe des créanciers derrière la soumission d’amorce.

Selon cette proposition d’amorce, jusqu’à 375 millions US seront mis à la disposition du Cirque, qui est privé de revenus depuis l’annulation de 44 spectacles à travers le monde et le licenciement de quelque 3500 personnes en raison de la pandémie.

Cette proposition a écarté l’arrangement évalué à environ 420 millions US et annoncé avec les actionnaires actuels, le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, le 29 juin, lorsque le Cirque s’est tourné vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Ceux-ci misaient sur un prêt de 200 millions US offert par le gouvernement du Québec.

Comme dans la proposition des actionnaires actuels, la proposition des créanciers prévoit deux fonds totalisant 20 millions US sont par ailleurs mis sur pied pour verser les sommes dues aux ex-travailleurs et artisans. Et l’entente inclut aussi un engagement d’au moins cinq ans visant à maintenir le siège social du Cirque à Montréal.

Cette proposition a écarté l’arrangement évalué à environ 420 millions US et annoncé avec les actionnaires actuels, le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, le 29 juin, lorsque le Cirque s’est tourné vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Ceux-ci misaient sur un prêt de 200 millions US offert par le gouvernement du Québec.

— Avec La Presse canadienne