L’histoire entre le DYanick Beaulieu et Philips a commencé il y a 18 ans et vient de franchir une nouvelle étape. La société néerlandaise a fait l’acquisition de son entreprise TII (Technologies innovatrices d’imagerie), créatrice de la plateforme de télésanté Reacts. Avec une capitalisation boursière de 40 milliards US, Philips donnera les moyens à l’équipe du DBeaulieu de développer ses idées les plus avant-gardistes.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Quand Yanick Beaulieu a débarqué à l’Université de Pittsburgh en 2002 pour faire une surspécialisation en soins intensifs, son directeur de programme lui a remis un nouvel outil pour faire des échographies qui a piqué sa curiosité.

« C’était comme de la magie d’avoir une machine sur mon épaule, une machine de la taille d’un portable plutôt que celle d’un frigidaire, se souvient celui qui était déjà cardiologue et échocardiographiste. Dès qu’un patient était instable, je pouvais regarder sur-le-champ son cœur et ses poumons. »

Au fil des années, Philips lui a fait essayer de nouvelles technologies et utilisait ses commentaires pour améliorer les produits.

En 2012, ne voyant aucune solution satisfaisante pour la formation à distance, une autre de ses nombreuses activités, le DBeaulieu décide de créer une plateforme collaborative nouveau genre qu’il appellera Reacts.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Le Dr Yanick Beaulieu, cardiologue, échocardiographiste et entrepreneur

« Je voulais voir en même temps la machine d’échographie, les mains de la personne qui manipule la sonde et aussi pouvoir prendre ma main et la mettre sur celle du participant pour le guider à bouger la sonde de la bonne façon, explique-t-il. Ni Zoom ni Skype ne permettaient de le faire. Ça prenait plusieurs flux vidéo en même temps et la réalité augmentée. »

Depuis 2018, Reacts est intégrée au Lumify de Philips, qui permet de faire des échographies à partir d’une simple tablette ou d’un téléphone intelligent. Reacts donne accès à une expertise et une assistance virtuelle en temps réel pour les échographies ou la formation. La plateforme est maintenant utilisée dans plus de 80 pays.

Nouvel élan

L’entreprise n’était pas à vendre, précise Yanick Beaulieu. Or, il a décidé de faire le saut après deux ans de discussions et cinq ans de travail conjoint. Non seulement toute l’équipe reste en place à Montréal, mais il y aura même de nouvelles embauches.

On avait la chance d’avoir un partenaire qui a une force de commercialisation mondiale inouïe. On a des projets flyés incroyables sur lesquels on est en train de travailler en Asie, en Europe et aux États-Unis. On devient le centre d’excellence basé à Montréal qui va être le propulseur de plein d’innovations. C’est excitant !

Le DYanick Beaulieu

Yanick Beaulieu croit aussi que la société néerlandaise arrive au bon moment pour Reacts, car dans l’ère post-COVID-19, les soins virtuels vont avoir changé et les grands acteurs comme Apple, Google et Microsoft voudront prendre leur place dans ce marché.

« On va pouvoir continuer à développer sans être obligé de constamment chercher du financement, explique-t-il. On va continuer de travailler avec tous les centres au Québec en étant plus solide et pas toujours en train de se dire “est-ce qu’il va y avoir un appel d’offres ?” »

« Souvent, le ministère ne va malheureusement pas avec des innovations québécoises, mais passe par des grosses plateformes, se désole le médecin entrepreneur. Il y a du travail à faire au Québec pour que nos innovations soient mieux appréciées. »