L’entreprise albertaine Aurora Cannabis fermera ses deux installations de production au Québec lors d’une deuxième ronde de coupe d’activités et d’effectifs annoncée mardi, et qui s’inscrit dans la suite de son plan de restructuration entamé en début d’année.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Cette fois-ci, les deux installations québécoises qui seront fermées sont localisées à Pointe-Claire – la division Aurora Vie dotée d’une production de 4000 kg par an – ainsi qu’à Lachute, nommée Aurora Eau et dotée d’une capacité de 4500 kg par an.

Elles font partie des cinq centres de production qui seront retranchés de l’actif d’Aurora Cannabis d’ici le début de l’an prochain. L’entreprise établie à Edmonton a décidé de concentrer sa production canadienne dans trois installations plus grosses situées en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. Aurora Cannabis veut aussi augmenter sa production outre-mer dans sa division Aurora Nordic, située au Danemark.

Côté effectifs, les coupes s’annoncent aussi vives au cours des prochains mois, pouvant toucher jusqu’à 700 employés selon l’estimation faite mardi par Aurora Cannabis. L’entreprise entend d’abord retrancher le quart (25 %) de son personnel administratif et commercial, ce qui sera suivi d’une réduction de près d’un tiers (30 %) de ses effectifs de production.

« Il ne s’agit pas simplement d’un exercice de réduction des coûts. Nous avons entrepris un réalignement stratégique de nos opérations afin de protéger la position d’Aurora en tant que leader sur les principaux marchés mondiaux des cannabinoïdes, notamment le Canada », explique Michael Singer, président exécutif et chef de la direction par intérim d’Aurora Cannabis. En matière d’impact financier, Aurora Cannabis prévoit comptabiliser pour près de 200 millions en charges spéciales de dépréciation liées à des actifs de production et des stocks dans ses prochains résultats de quatrième trimestre et de fin d’exercice 2020, attendus au début de septembre.

En février dernier, Aurora Cannabis avait annoncé qu’elle comptabiliserait une première charge spéciale de restructuration de 1 milliard de dollars en dépréciation d’actifs dans ses prochains résultats. L’entreprise avait aussi indiqué qu’elle prévoyait licencier au moins 500 de ses 3000 employés au cours des mois suivants.

Du point de vue de l’analyste John Chu, chez Desjardins Marchés des capitaux à Toronto, « avec cette autre étape de leur plan de restructuration, les dirigeants d’Aurora Cannabis affirment que l’entreprise demeure alignée pour un retour à un résultat d’exploitation (EBITDA) positif à son premier trimestre 2021, alors que le consensus d’analystes tend encore vers un déficit d’environ 3 millions. Pour ma part, je préfère m’en tenir à ma prévision d’un léger bénéfice d’exploitation d’environ 150 000 $. »

Dans ses plus récents résultats financiers, au terme de son troisième trimestre 2020, Aurora Cannabis avait comptabilisé une perte d’exploitation cumulative rendue à 280,5 millions sur des revenus nets (hors taxes) de 206 millions depuis le début de son exercice 2020.

Quant au résultat net durant cette période, il s’affichait en énorme déficit cumulatif de 1,4 milliard, en incluant le milliard de dollars en charges spéciales comptabilisées durant le troisième trimestre.

En Bourse, mardi, les investisseurs en actions d’Aurora Cannabis ont d’abord semblé apprécier cette autre annonce de coupes d’activités et d’effectifs – la deuxième cette année – en poussant leur prix en hausse de 10 % en mi-journée.

Mais cet élan favorable s’est dégonflé ensuite, vers une fin de séance en recul de 0,8 %, à 18,40 $ par action. Par conséquent, la valeur boursière attribuée à Aurora Cannabis demeure inférieure de 85 % à son niveau de 118 $ par action d’il y a un an, et au dixième seulement du sommet de 180 $ par action atteint en octobre 2018.