L’abandon de la circulaire en papier par la chaîne de supermarchés Maxi fait craindre le pire aux travailleurs des papeteries. Redoutant un effet d’entraînement et des mises à pied, ils tenteront de convaincre l’épicier de changer de stratégie.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Le syndicat Unifor, qui représente plus de 70 % des travailleurs dans l’industrie de la forêt et du papier, ainsi que la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) ont vivement réagi à un reportage publié par La Presse dimanche dernier.

On y apprenait que Maxi avait décidé d’abandonner sa circulaire en papier. Ses rabais, désormais, sont uniquement accessibles de façon numérique. Une décision similaire avait été prise en 1996, mais l’épicier avait fait marche arrière.

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« Nous sommes déjà dans un contexte très difficile dans ce créneau alors évidemment cette décision nous inquiète », a déclaré Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor.

Maxi étant la propriété de Loblaw, le syndicat dit « craindre que l’expérience ne se propage ailleurs dans d’autres chaînes ». Provigo et Pharmaprix, notamment, appartiennent aussi au géant ontarien.

Une « nouvelle baisse de la demande en papier », fait-on valoir, affecterait « durement » les travailleurs des usines de Dolbeau et de Gatineau (Produits forestiers Résolu), ajoute Unifor.

Renaud Gagné précise que la décision de Maxi est une « menace » qui plane sur les emplois « dans les usines à papier, en forêt, dans les imprimeries et la distribution ». Pour cette raison, une correspondance sera transmise aux dirigeants de Maxi et Loblaws afin qu’ils reconsidèrent leur décision, précise-t-on dans un communiqué.

IMPACTS DES TÉLÉPHONES SUR LA PLANÈTE

De son côté, la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) « condamne la décision de Loblaw » qui force ses clients à consulter des « tablettes ou des téléphones fabriqués à l’étranger non sans certains impacts environnementaux liés aux terres rares ».

« L’industrie du papier est soumise aux règles les plus strictes au monde, tandis que celle de l’électronique est peu encadrée. Les serveurs informatiques utilisés sont bien souvent alimentés par de l’électricité produite par de l’énergie fossile. C’est le cas en Ontario où se trouvent les bureaux de Loblaw (Maxi). Les usines de papier du Québec fonctionnent de leur côté à l’hydroélectricité », fait valoir Louis Bégin, président de la FIM-CSN.

Selon le syndicaliste, Loblaw « cherche avant tout à économiser dans un contexte de COVID-19, alors que ses ventes vont pourtant très bien ».

« Les usines de papier d’Alma, de Kénogami et de Clermont sont particulièrement à risque si ce créneau s’effondre », ajoute M.  Bégin selon qui, la fin des sacs de plastique gratuits « n’a pas entraîné une baisse du panier d’épicerie », un scénario qui pourrait se produire à nouveau.