(Montréal) BRP a plongé dans le rouge au premier trimestre et le constructeur de véhicules récréatifs a prévenu qu’il n’avait pas fini d’être secoué par les remous provoqués par la pandémie de COVID-19.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

À l’exception des États-Unis, les ventes de l’entreprise derrière les Ski-Doo, Sea-Doo et Can-Am ont décliné dans tous les marchés au cours de la période de trois mois terminée le 30 avril, alors que l’épidémie du nouveau coronavirus a provoqué des fermetures de concessionnaires et d’usines.

La baisse du chiffre d’affaires de la société établie à Valcourt devrait être de l’ordre de 40 % au deuxième trimestre, soit de la période s’échelonnant de mai à juillet. BRP a également décidé d’abandonner la production des moteurs hors-bord Evinrude — une entreprise achetée en 2001 — dans le cadre d’une restructuration qui se soldera par la perte de 650 emplois, principalement en sol américain.

« Nous ne constatons pas la reprise que nous observons aux États-Unis en ce qui a trait à la vente au détail », a expliqué le chef de la direction financière de BRP, Sébastien Martel, jeudi, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes.

Si les ventes ont grimpé de 5 % en territoire américain, la baisse a oscillé entre 6 % et 33 % dans les autres marchés.

Les mesures de distanciation physiques et les restrictions de voyage risquent d’en inciter plusieurs à opter pour des vacances à la maison, ce qui pourrait jouer en la faveur des produits offerts par l’entreprise, a estimé son président et chef de la direction José Boisjoli.

Celui-ci a toutefois reconnu que les conséquences d’une récession pourraient toutefois changer la donne. BRP, dont les véhicules récréatifs coûtent plusieurs milliers de dollars, s’attend à ce que le déclin de son chiffre d’affaires oscille entre 10 % et 20 % durant la deuxième moitié de l’exercice.

« Le taux de chômage augmente, la confiance des consommateurs est faible et les mises en chantier ont diminué », a-t-il dit.

Après des fermetures temporaires survenues entre janvier et mars, selon la région, les activités manufacturières de BRP devraient avoir repris la semaine prochaine dans les six pays où l’entreprise est présente.

BRP a affiché une perte nette de 226,1 millions, ou 2,58 $ par action, au premier trimestre. Ce résultat tient compte d’une charge de dépréciation de valeur de 171,4 millions liée à sa division marine, dont les ventes ont plongé de 26 % lors de cette période.

Au même trimestre l’an dernier, la compagnie avait engrangé des profits nets de 23,8 millions, ou 25 cents par action. De leur côté, les revenus ont fléchi de 7,5 %, à 1,23 milliard.

En excluant les éléments non récurrents, BRP a vu son bénéfice normalisé s’établir à 22,7 millions, ou 26 cents par action, comparativement à 52,7 millions, ou 54 cents par action, au premier trimestre l’an dernier.

Les analystes s’attendaient à des recettes de 1,15 milliard sur un bénéfice normalisé par action de 23 cents, selon la firme de données financières Refinitiv.

« Même si (la restructuration) de la division marine aura un impact négatif à court terme, nous pensons que cette décision profitera aux actionnaires de BRP à long terme », a expliqué l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Jeudi avant-midi, à la Bourse de Toronto, le titre de la compagnie cotait à 49,11 $, en baisse de 1,60 $, ou 3,1 %.