Les dirigeants de BCE disent commencer à observer des signes avant-coureurs que les clients se préparent à émerger des mesures de confinement liées à la pandémie de COVID-19, et estiment que Bell est en bonne position pour en tirer profit.

La Presse canadienne

Cependant, ils ne peuvent pas encore prédire les mesures que l’entreprise prendra pour s’adapter à l’environnement post-pandémique.

Les responsables de l’entreprise montréalaise, la plus grande société de communications et de médias du Canada, s’exprimaient ainsi jeudi, après avoir dévoilé un bénéfice de 680 millions pour le premier trimestre clos le 31 mars.

Le chef de la direction de BCE et de Bell, Mirko Bibic, a indiqué aux analystes que le nombre total de téléspectateurs de Bell Média avait augmenté de 25 % alors que les Canadiens regardaient CTV et les chaînes spécialisées pour s’informer et se divertir.

Même les services de Bell liés aux sports ont tenu bon malgré l’absence d’évènements professionnels, a précisé M. Bibic, qui croit que le nombre de téléspectateurs rebondira une fois que les évènements reprendront.

De même, M. Bibic a indiqué s’attendre à une augmentation des ventes d’équipements sans fil, une fois que les consommateurs pourront retourner dans les magasins fermés depuis la mi-mars.

« Mon impression est que ceux qui vont faire des courses vont faire des courses avec un objectif, celui d’acheter plutôt que de simplement regarder les étalages », a affirmé M. Bibic.

Mais les perspectives pour les clients d’affaires de Bell sont plus complexes, car certaines petites et moyennes entreprises pourraient ne pas être en mesure de se remettre complètement des fermetures liées à la pandémie, tandis que d’autres pourraient continuer à utiliser davantage les services de communications par leurs employés, leurs fournisseurs et leurs clients.

« Bien que nous ayons vu une augmentation des concessions de prix aux clients, en particulier dans le secteur des PME, ainsi qu’un recul des ventes d’équipement de données et de solutions de services auprès de nos clients d’affaires de plus grande taille, nous fournissons également des services de connectivité essentiels au maintien des activités », a précisé M. Bibic.

Le directeur financier, Glen LeBlanc, a souligné que les performances de Bell au début du premier trimestre montraient qu’elle était en voie d’atteindre ses prévisions financières de 2020, qui ont maintenant été retirées en raison de l’incertitude entourant l’épidémie de COVID-19.

« L’impact financier de la COVID-19 a été limité au premier trimestre, car les mesures de confinement du gouvernement et les fermetures d’entreprises ne sont entrées en vigueur que vers la fin du trimestre », a expliqué M. LeBlanc.

Il a indiqué que les revenus totaux de services sont restés positifs pour le trimestre complet, mais que ceux liés aux produits avaient diminué de 10 % par rapport à l’année précédente.

« Ceci est le résultat d’une réduction significative des transactions des clients sans fil attribuable aux perturbations des canaux de vente au détail, ainsi que de la baisse des ventes d’équipements de données filaires d’entreprise, par rapport à la vigueur de l’an dernier et à l’environnement économique actuel », a ajouté M. LeBlanc.

Plus tôt, BCE a affiché un bénéfice du premier trimestre en baisse par rapport à l’an dernier, la société ayant été touchée par des pertes sur instruments dérivés liées à un programme de couverture, alors que la pandémie a pris une bouchée dans ses revenus.

Le bénéfice attribuable aux actionnaires ordinaires s’est établi à 75 cents par action, ce qui se comparait à un profit de 740 millions, ou 82 cents par action, pour le premier trimestre de 2019.

Les revenus d’exploitation pour le trimestre ont totalisé 5,68 milliards, en baisse par rapport à ceux de 5,73 milliards de l’an dernier, la pandémie ayant touché tous les secteurs opérationnels de Bell Canada.

Sur une base ajustée, BCE a fait état d’un profit de 80 cents par action, contre 77 cents par action il y a un an.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 76 cents par action et à des revenus près de 5,68 milliards, selon les prévisions recueillies par la firme de données financière Refinitiv.