(Montréal) La fermeture des lieux de rassemblement comme les bars, restaurants et stades provoquée par la pandémie de COVID-19 a des allures de lendemain de veille pour Molson Coors Beverage et ses effets se feront ressentir au deuxième trimestre et peut-être au-delà.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

En plus d’avoir affiché jeudi une perte nette ainsi qu’une baisse de ses revenus, les signaux envoyés par la haute direction du brasseur ont contribué à faire plonger son titre sur les parquets de Bay Street et Wall Street.

À la Bourse de Toronto, l’action de la compagnie a terminé la séance à 62,38 $, en baisse de 5,87 $, ou 8,6 %, tandis que du côté de la Bourse de New York, le titre a abandonné 5,16 $ US, ou 11,18 %, pour clôturer à 41,01 $ US.

L’an dernier, Molson Coors avait généré environ 23 % de son chiffre d’affaires consolidé grâce à ce que l’entreprise appelle la « consommation sur place ».

« De toute évidence, cela est passé à pratiquement rien du tout », a expliqué le président et chef de la direction de la société, Gavin Hattersley, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes, en évoquant les nombreuses mesures déployées à travers le monde pour limiter la propagation du nouveau coronavirus.

Même si les ventes aux détaillants continuent de bien se porter, Molson Coors ne s’attend pas à ce qu’elles compensent entièrement la perte des recettes générées par des endroits comme les bars et restaurants.

M. Hattersley a souligné que deux imprévus d’envergure étaient survenus à la suite de la restructuration annoncée à son arrivée l’automne dernier : une fusillade mortelle à la brasserie de Milwaukee ainsi que la pandémie de COVID-19.

« Je crois que l’on peut dire sans se tromper que le premier trimestre de 2020 ne ressemblait à aucun autre dans la longue histoire de notre compagnie, a-t-il lancé. Le coronavirus a eu et aura un impact majeur sur nos activités. »

Le brasseur avait déjà retiré, le 27 mars dernier, ses prévisions financières pour l’exercice en citant l’incertitude liée à la propagation de la COVID-19 à travers le monde.

Dans le rouge

Pour la période de trois mois terminée le 31 mars, Molson Coors a déclaré une perte de 117,0 millions  US ou 54 cents US par action, comparativement à un bénéfice de 151,4 millions US ou 70 cents US par action il y a un an.

Les ventes nettes ont totalisé 2,1 milliards US, en baisse par rapport à 2,3 milliards US. Dans la division nord-américaine, qui regroupe le Canada et les États-Unis, les revenus nets ont décliné de 7,4 %.

« Le Canada affichait sa meilleure performance en matière de parts de marché au premier trimestre depuis longtemps, a fait remarquer M. Hattersley. Nous avons lancé la Molson Ultra et ce produit a livré un bien meilleur résultat que la marque qu’il a remplacée, qui était la Molson Canadian 67. »

Molson Coors a déclaré un bénéfice sous-jacent de 77 millions US ou 35 cents US par action pour le trimestre, contre 112,7 millions US ou 52 cents US par action au cours des trois premiers mois de 2019. Les analystes sondés par la firme de données financières Refinitiv tablaient sur un bénéfice sous-jacent de 76,07 millions US, ou 33 cents US par action.

Le grand patron de l’entreprise a également expliqué que plusieurs mesures avaient été mises en place afin de protéger son bilan et lui donner les outils nécessaires pour traverser la tempête actuelle. Les dépenses en capital ont été réduites de 200 millions pour l’année. Cela s’est accompagné d’un gel de l’embauche et de mises à pied temporaires.