(Vancouver) Des projets comme le terminal d’exportation LNG Canada et l’oléoduc Trans Mountain avancent peut-être moins rapidement que prévu, mais la pandémie de COVID-19 et la chute vertigineuse du prix du pétrole ne menacent pas leur rentabilité à long terme, ont indiqué des économistes.

Amy Smart
La Presse canadienne

Andrew Leach, un économiste de l’énergie à l’Université de l’Alberta, a déclaré que les prévisions à long terme pour le pétrole et le gaz naturel demeurent stables, même si certaines entreprises ont procédé à des mises à pied afin de se conformer aux directives de sécurité gouvernementales.

« Nous nous entendons tous pour dire qu’il n’y aura pas de véritable impact à cause de la situation actuelle, une fois que la pandémie sera passée et que la relance sera effectuée », a-t-il dit.

Le prix du pétrole sur le marché mondial a chuté de façon draconienne en raison de l’offre excessive et du fait que les immenses réservoirs sont près d’être pleins, et en conséquence les raffineries ont ralenti leur production pour refléter le ralentissement économique provoqué par la pandémie. Les prix sont si bas d’ailleurs que certains producteurs canadiens ont carrément interrompu leurs activités dans certaines régions du pays.

Werner Antweiler, un économiste de l’énergie à l’Université de la Colombie-Britannique, a indiqué que l’industrie pétrolière a été secouée par une « double catastrophe » en raison de la chute de la demande mondiale et de la guerre commerciale entre la Russie et l’Arabie saoudite. Une récente entente ratifiée par les pays membres de l’OPEP et d’autres pays a certes permis de réduire la production, mais celle-ci n’est pas suffisante pour compenser la chute de la demande, a-t-il précisé.

Les oléoducs sont confrontés à d’autres enjeux que ceux auxquels doivent faire face les producteurs qui les remplissent.

La pression pourrait grimper sur les oléoducs tandis que les producteurs canadiens tentent d’acheminer leur pétrole sur les marchés mondiaux au meilleur prix possible. Le spectre du protectionnisme américain plane aussi au-dessus de leur tête, et il pourrait accroître la pression afin que le pétrole canadien soit expédié aux raffineries asiatiques si jamais celles américaines sont écartées de l’équation, a souligné M. Antweiler

Trans Mountain a indiqué par voie de communiqué que son projet d’expansion progresse bien à ses terminaux, tout en respectant les mesures de sécurité établies par les gouvernements de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

Le prix actuel du pétrole sur les marchés n’a pas d’impact direct sur le projet en cours, a poursuivi l’entreprise. Ses clients sont liés à elle pour 15 ou 20 ans, et ils accapareront environ 80 % de la capacité du nouvel oléoduc. Celui-ci doit entrer en fonction vers la fin de 2022, a-t-on évoqué.

De plus, le réseau d’oléoducs existant de Trans Mountain a été exploité à sa pleine capacité pendant le premier trimestre de 2020, a ajouté l’entreprise.

De son côté, LNG Canada a procédé à des mises à pied afin de limiter les risques de propagation de la COVID-19, a dit la directrice des affaires corporatives Susannah Pierce par voie de communiqué. Cependant, l’entreprise et son entrepreneur en ingénierie et en construction, JGC Fluor JV, continuent d’atteindre « leurs objectifs essentiels de construction », a-t-elle assuré.

M. Antweiler a rappelé que le gaz naturel liquéfié offre de belles perspectives d’avenir en raison de la transformation progressive de l’industrie énergétique à l’échelle planétaire, qui délaisse de plus en plus le charbon pour miser sur le gaz naturel, et de la hausse de la demande énergétique en Asie.

« Ces deux choses-là, elles seront toujours là lorsque l’économie reprendra normalement », a-t-il conclu.