Jusqu’à la mi-mars, l’usine de Venmar à Drummondville fabriquait des hottes de cuisine, des ventilateurs de salle de bain et des échangeurs d’air et de chaleur. Vendredi le 24 avril, elle devrait normalement livrer à un hôpital de Trois-Rivières cinq appareils permettant d’isoler l’air de la chambre d’un patient atteint de la COVID-19.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Normalement, ça nous prend 12 à 18 mois pour faire un nouveau produit », dit Samuel McNicoll, gestionnaire en recherche et développement à Venmar. « Là on a commencé le 6 avril et on livre en moins de trois semaines. »

Il s’agit d’appareils de ventilation garantissant une « pression négative ». Cela permet de s’assurer que l’air d’une chambre ne contamine pas d’autres endroits de l’hôpital. Normalement les unités de pression négative couvent plusieurs chambres ou une unité complète d’un hôpital. L’appareil de Venmar couvre une chambre, ce qui signifie qu’il pourra être utilisé pour les chambres d’hôtel réquisitionnées pour les patients COVID-19, selon l’ingénieur McNicoll.

Venmar a été considérée service essentiel parce que l’une de ses unités fabrique des échangeurs de chaleur utilisés dans de plus gros appareils de ventilation utilisés par les hôpitaux. « On a cherché comment on pouvait aider, dit M.  McNicoll. La femme d’un ingénieur travaillait dans un hôpital et nous a parlé des appareils à pression négative. On a appelé les CIUSSS, à Québec, et après une période de battement le CIUSSS de notre région a rappelé. Ils avaient des prêts d’appareils de pression négative d’entreprises de construction, mais ils n’en trouvaient plus. Ils prévoyaient en avoir besoin de 50 à 150 autres d’ici le pic prévu le 18 avril. »

PHOTO FOURNIE PAR VENMAR

L’appareil à pression négative de Venmar permet d’éviter que l’air de la chambre d’un patient COVID-19 ne contamine le reste de l’hôpital.

Le personnel de recherche et développement a travaillé sans relâche, y compris à Pâques (à 90 % en télétravail). « On avait beaucoup de questions, sur le débit, la pression, dit M.  McNicoll. Finalement le débit est moins grand qu’une hotte de cuisine, mais la pression est beaucoup plus grande, parce qu’on doit se brancher sur les très longs conduits de ventilation des hôpitaux. On a aussi eu un challenge avec le filtre HEPA qui assure qu’aucune particule de virus ne sort de la chambre du patient. » Ces filtres sont utilisés dans certains cas par Venmar, par exemple dans les échangeurs d’air pour éviter que du pollen n’entre dans une maison.

Une première certification au niveau des incendies a été obtenue le 23 avril et une dernière certification, pour les fuites, doit avoir lieu le 24 avril. Venmar œuvre essentiellement pour le marché résidentiel normalement.