(Toronto) Rogers Communications a encaissé les premiers contrecoups financiers de la pandémie de COVID-19 à la fin de son premier trimestre, et des membres de son équipe de direction ont indiqué mercredi s’attendre à ce que les conditions empirent dans les mois à venir.

David Paddon
La Presse canadienne

Le directeur financier Anthony Staffieri a expliqué aux analystes qu’un plus grand nombre de clients ne seraient probablement pas en mesure de payer leurs factures à temps, mais le chef de la direction, Joe Natale, a souligné que Rogers avait les ressources nécessaires pour aider ses clients et ses employés à traverser la crise.

« Nous avons commencé à constater l’impact de COVID-19 au cours des dernières semaines du premier trimestre et avons rapidement adapté nos activités pour continuer à fournir des services essentiels afin de répondre aux besoins changeants de nos clients », a déclaré M. Natale.

« Nos réseaux connaissent des niveaux d’activité et de demande sans précédent. Ils continuent de fournir une base résiliente à nos clients, aujourd’hui et à l’avenir, alors que notre pays se rétablit et se reconstruit. »

M. Staffieri a précisé que Rogers disposait de 3,8 milliards de liquidités disponibles, le niveau le plus élevé de l’histoire de la société, ce qui lui permet de continuer à exploiter l’entreprise tout en versant des dividendes et en lançant un programme de rachat d’actions.

Mais, a-t-il ajouté, l’environnement plus large affectera un grand nombre de ses clients, tant les familles que les entreprises, et Rogers se prépare à les aider tout en se préparant à la probabilité que plus de factures ne soient pas payées à temps.

« Dans nos activités de câblodistribution et de téléphonie sans fil, nous avons donné aux clients la possibilité d’étendre les conditions de paiement des factures si nécessaire », a-t-il indiqué.

« Nous commençons à voir des augmentations précoces du nombre d’appels liés au paiement des factures et nous prévoyons que cela augmentera à mesure que le chômage augmentera et que […] les clients commerciaux continueront d’être touchés. »

M. Natale a affirmé, plus tard dans la conférence, que les factures impayées représentaient « un risque potentiel pouvant survenir au second semestre » si le chômage continue d’augmenter et que les fermetures liées à la pandémie étaient prolongées davantage qu’on ne le croyait à l’origine.

Outre les marques de services sans fil de Rogers, Fido et Chatr, Rogers exploite des systèmes de câblodistribution internet dans trois provinces et une division média qui comprend 55 stations de radio, le réseau Citytv, Sportsnet et l’équipe de baseball des Blue Jays de Toronto.

Dans le segment des médias, qui a enregistré la plus forte baisse des revenus au premier trimestre, l’impact sur le bénéfice avant impôts, intérêt et amortissement a été moindre, puisque les dépenses pour le contenu sportif et les salaires des joueurs ont été moins élevées. La division a enregistré une baisse de 12 % de son chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière.

Profits en baisse

Dans l’ensemble, le bénéfice de Rogers a atteint 352 millions, soit 8 cents par action, pour les trois premiers mois de l’exercice, en baisse par rapport à celui de 391 millions, ou 76 cents par action, du même trimestre l’an dernier.

Le profit ajusté s’est établi à 367 millions, ou 71 cents par action, alors qu’il avait été de 405 millions, ou 78 cents par action, un an plus tôt.

Les revenus ont totalisé près de 3,42 milliards, en baisse de 5 % par rapport à ceux de 3,59 milliards du premier trimestre l’an dernier.

Ces résultats étaient inférieurs aux attentes des analystes. Ceux-ci s’attendaient en moyenne à des revenus de 3,5 milliards et à un bénéfice ajusté de 80 cents par action, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Dans une lettre ouverte et des déclarations présentées à l’assemblée virtuelle des actionnaires de Rogers, M. Natale a affirmé que la société s’était engagée à équilibrer les rendements du capital à long terme avec sa responsabilité envers la société.

« Nous nous sentons fortement responsables de servir de tissu conjonctif dans la vie des gens en ce moment », a affirmé M. Natale. « Et nous continuerons à faire ce qui est possible à mesure que nous progresserons tous à travers cela. »