Déjà au neutre en raison des turbulences provoquées par la pandémie de COVID-19 qui l’ont contrainte à procéder à d’importantes mises à pied temporaires dans ses usines, la société BRP devra davantage se serrer la ceinture afin de traverser la crise — ce qui se traduit notamment par d’autres mises à pied.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Le constructeur de véhicules récréatifs a annoncé mercredi une série de nouvelles mesures, dont une réduction marquée de ses dépenses, un gel de l’embauche à l’échelle mondiale, des réductions salariales chez ses cadres (15 %) et ses employés de bureau (10 %), d’autres mises à pied temporaires ainsi que des licenciements ciblés.

De plus, le président et chef de la direction de la société derrière les Ski-Doo, Sea-Doo et Can-Am, José Boisjoli, renoncera à son salaire de base pour l’année alors que les membres du conseil d’administration ne toucheront pas la portion en espèces de leur traitement.

« Il s’agit de moments difficiles et imprévisibles, a-t-il souligné, dans un communiqué. Nous prenons toutes les décisions nécessaires afin de protéger nos employés, assurer la croissance à long terme de BRP et être prêts à réagir rapidement si les marchés devaient récupérer plus vite que prévu. »

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

José Boisjoli

À la Bourse de Toronto, mercredi, le titre de BRP a abandonné 5,1 %, ou 1,44 $, pour clôturer à 26,78 $ dans le cadre d’une séance où le principal indice du parquet torontois a retraité de quelque 2,1 %. Après avoir touché un sommet de 75,38 $ le 19 février dernier, l’action de la société a effacé près de 65 % de sa valeur.

L’annonce de la pause ou du ralentissement des activités manufacturières des secteurs sports motorisés et nautiques avait eu lieu le 30 mars et concernait les 10 sites exploités à Valcourt, aux États-Unis, au Mexique, en Autriche ainsi qu’en Finlande.

Mercredi, l’entreprise établie à Valcourt, qui avait annoncé la suspension de son dividende le 20 mars dernier, n’a pas répondu aux questions envoyées par La Presse canadienne entourant l’ampleur des mises à pied et les mesures de réductions de coût.

Selon les plus récents documents déposés auprès des autorités réglementaires, la compagnie comptait quelque 13 500 employés à travers le monde en date du 31 janvier, dont environ 2000 à Valcourt.

Dans un rapport envoyé à ses clients plus tôt ce mois-ci à la suite d’une discussion avec la haute direction de BRP, Steve Arthur, de RBC Marchés des capitaux, avait évoqué une baisse des dépenses d’environ 400 millions et une réduction des investissements de l’ordre de 250 millions.

« BRP a gagné des parts de marché considérables au cours des dernières années et (la compagnie) devrait se trouver dans une posture encore meilleure à la suite de la récession ou du ralentissement provoqué par la COVID-19 », avait écrit l’analyste.

Contrôlée par la famille Beaudoin-Bombardier, la société dit continuer à étudier les différents programmes d’aide offerts aux compagnies par les gouvernements.

Au début avril, l’agence de notation Moody’s avait décidé de décoter BRP en faisant passer sa cote de crédit de Ba3 à B1. Moody’s indiquait alors s’attendre à ce que la pandémie vienne perturber la demande pour les véhicules récréatifs, qui figurent dans la catégorie des dépenses discrétionnaires.

Selon l’agence new-yorkaise, la reprise pourrait s’échelonner jusqu’à la fin de l’exercice 2022 — la fin janvier dans le cas de BRP — ce qui risque d’affecter négativement sa performance financière.