(New York) Bank of America a annoncé mercredi un plongeon de 48,4 % sur un an à 3,5 milliards de dollars de son bénéfice net au premier trimestre, une déconvenue attribuée à la pandémie de coronavirus qui affecte les particuliers et les entreprises.

Agence France-Presse

La rentabilité a pâti du fait que la deuxième banque américaine par actifs, qui anticipe une flambée des impayés de ses clients, a mis de côté 4,8 milliards de dollars pour couvrir ces défauts de paiements. C’est 3,6 milliards de dollars de plus comparé à il y a un an.

La firme affirme avoir reçu plus d’un million de demandes de soutien de la part de particuliers, de PME et de grandes entreprises depuis l’annonce de mesures de confinement pour endiguer la propagation de la COVID-19.

L’arrêt brusque de l’activité économique aux États-Unis mi-mars a été suivi de la fermeture de milliers de commerces et de PME, tandis que les grandes entreprises tournent au ralenti après avoir mis au chômage technique un grand nombre de leurs employés. Les usines sont à l’arrêt.

Les grandes entreprises, en quête de trésorerie, se sont précipitées pour avoir accès immédiatement aux lignes de crédit que leur avaient ouvert les banques pour éviter de faire faillite.

Quelque 16 millions d’Américains se sont inscrits au chômage fin mars et début avril. De nombreux ménages et PME ont du mal à payer leurs factures, leurs crédits à la consommation et à honorer leurs mensualités.

Face à ce tableau noir, Bank of America autorise ses clients à reporter les mensualités de la plupart de leurs prêts.

Les frais pour découvert peuvent également être supprimés pour les clients en difficulté, tandis que les saisies des maisons des clients ne pouvant rembourser leur crédit immobilier ont été suspendues.

« Nous prenons des mesures extraordinaires pour soutenir nos employés, nos clients et nos communautés pendant cette crise humanitaire », a souligné le PDG Brian Moynihan, ajoutant que la banque avait les reins solides.

Le chiffre d’affaires trimestriel n’a reculé que de 1 % à 22,8 milliards de dollars.

L’autre point positif de la publication est la bonne santé des activités spéculatives, dont les recettes se sont envolées de 34 % à 4,6 milliards de dollars, du fait de la forte volatilité sur les marchés financiers depuis le début de l’année.

Le courtage des produits liés aux matières premières, obligations et devises (FICC) a enregistré un bond de ses revenus de 13 % notamment.