Airbus repousse d’un an, à la mi-2021, l’accélération de la cadence de production de son appareil A220 à Mirabel.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Quelques jours après avoir annoncé des ralentissements de cadence importants pour ses appareils A320, A330 et A350, Airbus a précisé mercredi ses objectifs pour l’A220, restés en suspens jusque-là.

L’usine de Mirabel, qui a livré 48 appareils en 2019, conservera donc un rythme de production similaire de quatre appareils par mois (« cadence 4 », dans le jargon d’Airbus) pendant encore un peu plus d’un an. Des plans existaient pour faire passer cette cadence à 5 par mois un peu plus tard cette année. Le rythme de production de la nouvelle usine américaine de Mobile, de laquelle on attendait une demi-douzaine d’appareils cette année, reste pour le moment inchangé.

Il reste néanmoins encore un certain flou sur les attentes envers l’usine de Mirabel, dont la production est suspendue depuis que le gouvernement québécois a ordonné la fermeture des entreprises essentielles. Notons que Québec est l’un des actionnaires de l’A220.

C’est la première fois qu’Airbus, ou Bombardier avant elle, établit publiquement une cadence mensuelle pour l’A220. La chaîne d’assemblage étant encore en période d’apprentissage, elle était en phase d’accélération. Les livraisons ont de plus toujours eu tendance à s’agglutiner en fin d’année. Ainsi, après avoir livré sept appareils en décembre dernier, Airbus n’en a fourni que 8 lors des trois premiers mois de 2020.

« Après la pause, nous allons progressivement revenir à la cadence 4 et nous stabiliser à cette cadence jusqu’au milieu de l’année prochaine », a expliqué par courriel une porte-parole, ce qui laisse entendre que l’avionneur livrera vraisemblablement moins d’appareils en 2020 qu’en 2019.

« Nous suivons de près la situation qui reste dynamique et il est possible que nous réajustions ces données dans les semaines ou mois à venir, compte tenu de l’évolution future, a poursuivi la porte-parole. Pour l’instant, les données que nous avons nous permettent d’émettre cette hypothèse. »

Delta et Air Canada devaient chacun recevoir 17 appareils A220 cette année, selon des informations déjà publiées. Or les deux entreprises ont fait connaître, au début de la crise, leur intention de reporter des livraisons de nouveaux appareils. C’est aussi le cas de Chorus Aviation, qui devait recevoir 3 appareils. Il serait étonnant qu’Airbus assemble des appareils sans l’assurance d’une prise de possession immédiate de la part de ses clients.

Une porte-parole d’Air Canada a indiqué mercredi que le transporteur prévoyait toujours en recevoir 17 cette année.

Bombardier a cédé ses dernières parts dans l’A220, ancienne CSeries, en février dernier, en bonne partie pour se libérer d’une obligation d’investir des centaines de millions de dollars additionnels pour soutenir la hausse de la cadence de production.