(New York) La banque américaine JPMorgan Chase a annoncé mardi un plongeon de son bénéfice net au premier trimestre, en raison d’une augmentation de 6,8 milliards de dollars des réserves pour parer aux potentiels défauts de paiements des clients affectés par la pandémie de la COVID-19.

Agence France-Presse

Le bénéfice net a chuté sur un an de 69 % à 2,9 milliards de dollars, tandis que le chiffre d’affaires a reculé de 2,6 % à 29,06 milliards, selon un communiqué.

La première banque américaine en termes d’actifs attribue le fort déclin de sa rentabilité à la crise sanitaire et à la chute des prix du pétrole, qui touchent ses clients, particuliers et entreprises.

JPMorgan Chase a ainsi multiplié par près de six ses réserves, provisionnant dans ses comptes 8,3 milliards de dollars au total, en hausse de 6,8 milliards sur un an, pour suppléer aux défaillances de ses débiteurs. Plus de la moitié de cette somme (4,4 milliards) est liée à de futurs défauts sur les crédits à la consommation, tandis que 2,4 milliards sont attachés à des défaillances prochaines des entreprises à qui la firme a prêté de l’argent dans les secteurs énergétique, immobilier et dans la distribution.

« Étant donné qu’il est probable que la récession soit sévère, il s’avérait nécessaire de constituer des réserves de 6,8 milliards de dollars liées aux prêts, ce qui se traduit par des coûts liés aux crédits de 8,3 milliards de dollars pour le trimestre », a souligné Jamie Dimon, le PDG de la banque, ajoutant que JPMorgan Chase était en bonne santé financière pour résister.

L’activité économique s’est arrêtée brusquement en mars aux États-Unis, après des mesures de confinement pour endiguer la propagation de la COVID-19.

Depuis, de nombreux experts anticipent une cascade des impayés aussi bien de la part des particuliers, confrontés à de nombreuses factures, que des entreprises en quête de trésorerie pour ne pas faire faillite.

M. Dimon indique que les sociétés ont demandé à bénéficier immédiatement des lignes de crédit d’un montant de 50 milliards qui leur avaient été accordées précédemment et la banque en a octroyé pour 25 milliards de dollars de prêts supplémentaires en quelques semaines.

À l’inverse, portées par la forte volatilité ayant secoué les marchés financiers depuis le début de l’année, les activités spéculatives ont été rentables.

Les recettes générées par le courtage des matières premières, obligations et devises (Fixed Income) ont ainsi bondi de 34 % sur un an à 5 milliards de dollars.