Spécialiste du matelas, Tricots Maxime, l’un des rares survivants de l’industrie du textile au Québec, fait son incursion dans la fabrication d’urgence d’équipement de protection individuelle comme les masques et les blouses.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Quelques jours avant l’ordre de fermeture des entreprises non essentielles, le fabricant de matelas et de housses de matelas a converti l’une de ses deux usines de l’arrondissement de Saint-Laurent en une manufacture de masques de protection grand public.

Un tiers des 150 travailleurs de l’usine ont ainsi pu conserver leur emploi. « La semaine dernière, on a fabriqué 50 000 masques. Je vise à atteindre une production de 20 000 masques par jour prochainement », avance Maxime Thériault, président de Tricots Maxime, entreprise familiale fondée par son père Denis en 1985.

Couvrir les coûts fixes

Avant le déclenchement de la pandémie, Tricots Maxime se dirigeait vers la meilleure année de son histoire avec des revenus approchant les 60 millions, 5 usines et 350 employés. Presque du jour au lendemain, la demande pour les matelas est tombée à plat. « On est frappés fort. Ç’a été dur. »

Même si le manufacturier ne fait pas de profit sur les masques, sa diversification dans le matériel de protection est donc la bienvenue et lui permet de générer les liquidités pour payer ses coûts fixes en avril.

Dans les derniers jours, Tricots Maxime a été contacté par Soleno Textile pour imperméabiliser le tissu servant à la confection des blouses de protection de niveaux 1 à 3.

Son usine de Baie-d’Urfé inaugurée en 2017 est justement équipée pour rendre imperméables les housses de matelas. Vingt employés commenceront mardi à traiter jusqu’à 40 000 mètres de tissus par semaine, soit la quantité pour fabriquer quelque 30 000 blouses.

Cette production tombera à point nommé. Lundi en conférence de presse, le premier ministre a annoncé que le réseau de la santé a pour seulement trois jours de stocks en ce qui a trait aux blouses.

La filière des textiles se mobilise

Tricots Maxime s’inscrit dans l’initiative lancée par l’industrie des matériaux textiles techniques et du vêtement, représentée par TechniTextile Québec, Groupe CTT et Vestechpro, qui souhaite approvisionner le secteur de la santé en uniformes de protection de première ligne.

Premier objectif, Logistik Unicorp prend en charge la coordination de la fabrication de blouses de niveaux de protection 1, 2 et 3 en collaboration avec les Duvaltex, Soleno Textile, Stedfast, Texel Matériaux Techniques, Textiles Monterey, Tricots Maxime et le Groupe CTT.

« En seulement 16 jours, nous avons réussi à mettre en place une chaîne locale d’approvisionnement sécuritaire, capable d’alimenter les gouvernements du Québec et du Canada en matière de solutions jetables et lavables », indique, dans un communiqué, Dany Charest, directeur général de TechniTextile Québec, le créneau d’excellence Matériaux textiles techniques, responsable de la concertation des efforts.

« Notre chaîne d’approvisionnement est en mesure de produire jusqu’à 200 000 blouses de protection chaque semaine. Nous évaluons aussi actuellement la possibilité de produire des masques », affirme dans le même communiqué Karine Bibeau, vice-présidente, ventes de Logistik Unicorp.

Chef de file canadien en gestion intégrée de programmes d’uniformes, Logistik Unicorp est une entreprise privée dont le siège social est situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec.