(New York) Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase, a indiqué lundi que sa banque ne pouvait envisager la suspension de son dividende qu’en cas de grave récession de l’économie américaine, affectée par la pandémie de coronavirus.

Agence France-Presse

M. Dimon, qui a repris le travail la semaine dernière après une opération du cœur en urgence début mars, a également prévenu que les résultats de sa firme seront « significativement » en baisse cette année comparé à 2019.

« Nous avons imaginé un scénario extrêmement négatif, prenant en compte une contraction énorme du produit intérieur brut, en baisse de 35 % au deuxième trimestre et ce jusqu’à la fin de l’année, avec le chômage qui augmente de façon continue aux États-Unis, et monte jusqu’à 14 % au quatrième trimestre », écrit M. Dimon, dans sa lettre annuelle très attendue par les marchés.

« Dans ce scénario, la firme terminerait l’année avec des liquidités solides », ajoute-t-il. « Cette hypothèse est grave et, nous espérons, improbable. Et si elle venait à se réaliser, le conseil d’administration envisagerait probablement de suspendre le dividende. Ce serait par extrême prudence et parce que des incertitudes planeraient sur les prochaines années ».

Les banques américaines sont sous pression pour réduire, voire suspendre, leurs dividendes afin de prêter l’argent aux entreprises et aux ménages, affectés brusquement par l’épidémie de COVID-19 paralysant l’économie.

Elles ont jusqu’à présent résisté, faisant valoir qu’elles avaient les reins financiers solides pour soutenir l’économie et continuer à choyer leurs actionnaires.

M. Dimon affirme par exemple que dans son scénario du pire, JPMorgan Chase serait à même de prêter jusqu’à 150 milliards de dollars de plus aux acteurs économiques.

Il prévient néanmoins que les contraintes règlementaires pourraient lier les mains des banques.

« Je voudrais souligner, que plus on approcherait du scénario catastrophique, plus nos contraintes règlementaires limiteraient les mesures que nous pourrions prendre pour aider les clients, même si nous disposons de capitaux et de liquidités extraordinaires susceptibles d’être déployés ».

Le dirigeant a par ailleurs conforté les craintes des marchés sur le prochain cru des résultats des entreprises américaines, attendu à compter de la semaine prochaine.

« Nous avons enregistré un bénéfice net de 36,4 milliards de dollars pour des revenus de 118,7 milliards l’an dernier […] Il faut toutefois s’attendre à ce que nos résultats soient significativement plus bas en 2020 », avertit Jamie Dimon.

Contrairement à 2008, M. Dimon affirme que le secteur bancaire n’aura pas besoin du sauvetage de l’État lors de la crise sanitaire actuelle.

« Nous ne demanderons pas d’aide », écrit-il.