(Montréal) Héroux-Devtek a vu ses récentes acquisitions alimenter ses ventes de 9 % au plus récent trimestre, par rapport à l’exercice précédent, alors qu’un regain de confiance envers sa division de la défense l’a convaincu de réviser à la hausse ses prévisions de revenus.

Christopher Reynolds
La Presse canadienne

L’entreprise établie à Longueuil a acheté l’an dernier le fabricant de trains d’atterrissage Alta Precision et le fournisseur de traitement de surface Tekalia, toutes deux établies à Montréal.

Malgré une légère baisse de la marge bénéficiaire d’Héroux-Devtek, les deux sociétés ont été responsables de la grande majorité de la croissance des revenus. Ceux-ci ont augmenté de 9 % d’une année sur l’autre, pour atteindre 157,3 millions au cours du trimestre clos le 31 décembre.

« Lorsque nous avons acheté ces sociétés, elles étaient en difficulté financière », a affirmé jeudi le chef de la direction, Martin Brassard, lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs, insistant sur leurs marges plus faibles.

Depuis les acquisitions, Héroux-Devtek a mis en place des programmes de réduction des coûts, a-t-il poursuivi.

Le bénéfice net a atteint 8,7 millions au troisième trimestre, en hausse par rapport à celui de 7,4 millions réalisé pendant la même période en 2018.

Le fabricant de trains d’atterrissage s’attend maintenant à ce que ses ventes atteignent entre 600 millions et 610 millions pour son exercice 2020. Ses prévisions antérieures visaient un chiffre d’affaires d’entre 580 millions et 600 millions.

L’optimisme découle en partie d’un carnet de commandes renforcé de 839 millions, en hausse de 9 % par rapport au trimestre précédent, ce qui constitue un record pour l’entreprise.

Le carnet de commandes comprend des contrats de production de trains d’atterrissage pour les avions de chasse F-15 Eagle et F/A-18 hornet de Boeing, et des contrats de réparation et de remplacement pour le US Air Force par l’entremise d’un contrat avec AAR.

« L’augmentation du carnet de commandes est davantage liée à la défense », a souligné M. Brassard lors d’un entretien téléphonique. « On dirait qu’ils ont tous une seconde vie. »

Héroux-Devtek avait perdu la possibilité de soumissions directement pour l’armée de l’air il y a quelques années, après l’avoir détenue pendant près de quatre décennies, a observé le chef de la direction. Cependant, la société a récupéré une partie de cette perte de revenus avec le contrat de sous-traitance d’AAR. Récemment, Boeing a réduit de près de moitié ses commandes annuelles liées à l’avion de ligne long-courrier 777x.

« Nous avons donc eu deux coups durs majeurs en termes d’attentes ou de réductions de ventes », a noté M. Brassard. « Mais maintenant, nous sommes OK. Nous sommes en croissance. »

La division de la défense représentait plus de 54 % des ventes au plus récent trimestre, contre un peu moins de 50 % six mois plus tôt.

Le bénéfice par action d’Héroux-Devtek s’est élevé à 24 cents, contre 20 cents un an plus tôt.

Sur une base ajustée, Héroux-Devtek a gagné 24 cents par action, en baisse par rapport à 26 cents par action au même trimestre un an plus tôt, en raison des fluctuations des taux de change.