Le nouveau retard de l’avion régional SpaceJet M90 de Mitsubishi n’aura pas d’incidence sur le centre d’ingénierie qu’est actuellement en train d’établir l’entreprise à Boisbriand, et qui emploie déjà 39 personnes.

Jean-François Codère
Jean-François Codère La Presse

Dimanche dernier, le quotidien économique japonais Nikkei a rapporté que Mitsubishi s’apprêtait à officialiser le report à 2021 ou même à 2022 de l’entrée en service de son premier avion régional, le M90. Il s’agirait du sixième report, les plans originaux de Mitsubishi prévoyant une première livraison en 2013.

Sans confirmer ce report, le vice-président du centre montréalais SpaceJet, Jean-David Scott, a indiqué vendredi qu’il n’aurait aucune incidence sur le calendrier des ingénieurs qu’il s’affaire actuellement à recruter.

Mitsubishi Aircraft a confirmé en septembre dernier l’ouverture d’un centre de développement pour sa nouvelle gamme d’avions régionaux. Sa société mère, Mitsubishi Heavy Industries, est de son côté occupée à finaliser l’acquisition auprès de Bombardier de tous les actifs liés aux avions régionaux CRJ.

Plus de 2000 CV

L’arrivée de Mitsubishi a fait fureur auprès des ingénieurs de l’industrie aéronautique montréalaise, selon M. Scott. Celui-ci affirme avoir reçu plus de 2000 curriculum vitae depuis septembre. « Et quand on fait une offre à quelqu’un, c’est très rare qu’elle soit refusée. »

Le moment pouvait difficilement être mieux choisi pour l’entreprise, immédiatement après que Bombardier eut annoncé la mise à pied de nombreux ingénieurs, en raison de la fin des importants programmes de développement de la C Series (A220) et du Global 7500.

M. Scott aimerait avoir recruté environ 100 personnes d’ici la fin de l’été. Les trois quarts seront des ingénieurs, les autres employés seront appelés à entretenir les relations de l’entreprise avec ses fournisseurs au Canada et dans le Nord-Est américain.

Les employés recrutés jusqu’à présent ont pour la plupart été envoyés au Japon pendant quelques semaines, afin de se familiariser avec le programme.

« Mitsubishi n’est pas encore un joueur établi dans la conception d’avions, reconnaît M. Scott. Les gens que nous avons recrutés le sont. Déjà, je reçois des commentaires [du siège social] disant que nous avons trouvé des gens de qualité. »

En plus du M90, Mitsubishi travaille sur deux autres versions de son appareil régional, le M100 et le M200. Les employés de son centre de Boisbriand devraient être appelés à travailler sur les trois modèles.