Bombardier Transport traverse encore des montagnes russes – avec des remontées et des plongées quasi simultanées.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

Alors que le métro de New York vient de retrouver les 300 nouvelles voitures Bombardier retirées du service en décembre, le constructeur canadien fait face à un refus de livraison en Allemagne. Au final, les investisseurs ont semblé apprécier, puisque le titre de Bombardier a bondi de 8,3 %, ou 10 cents, à 1,30 $ à la Bourse de Toronto.

L’opérateur ferroviaire allemand Deutsche Bahn a refusé la livraison de 25 trains interurbains à deux niveaux de Bombardier en raison de défauts de fabrication.

« Nous avons pour le moment refusé 25 trains Intercity 2 » et « nous comptons sur le fabricant pour rectifier rapidement ces défaillances », a indiqué mardi à l’AFP un porte-parole de Deutsche Bahn.

Selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui cite des documents internes, ces défauts concernent essentiellement le « système d’exploitation », qui « tombe en panne régulièrement ».

Dans une déclaration acheminée à La Presse par courriel, Bombardier Transport (Europe) a reconnu que « les trains Intercity 2 à double niveau ne fonctionnent pas pour l’instant avec la fiabilité attendue par Deutsche Bahn et Bombardier elle-même ».

L’entreprise indique avoir engagé avec Deutsche Bahn un train de mesures « pour améliorer considérablement la fiabilité des trains IC2 dans un avenir proche ».

La commande de 25 locomotives et de 124 voitures interurbaines à deux niveaux avait été annoncée le 30 mars 2017, pour livraison en 2019.

Elle fait partie d’un programme totalisant 42 trains Intercity 2, destinés à remplacer les trains de la Deutsche Bahn sur plusieurs de ses lignes.

Ces trains de nouvelle génération à deux niveaux permettent d’augmenter le nombre de places et le confort des passagers, alors que l’Allemagne veut investir massivement pour développer le ferroviaire.

À la mi-janvier, un accord a d’ailleurs été conclu entre la Deutsche Bahn et l’État allemand, qui investiront conjointement 86 milliards d’euros d’ici 2030 pour rénover et développer le réseau.

Cette stratégie s’inscrit dans le plan climatique adopté par le Parlement allemand en décembre et qui doit permettre au pays de réduire de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 1990.

Le camouflet infligé par Deutsche Bahn s’accroche à la queue d’un long train de problèmes de qualité chez Bombardier Transport. En février 2019 encore, la Société nationale des chemins de fer (France) avait refusé la livraison de trains de banlieue en Île-de-France, critiquant « une situation de non-qualité inacceptable ».

Bonne nouvelle à New York

Au moment où frappait ce nouveau coup du sort, Bombardier Transport avait pourtant des raisons de se réjouir.

Dans un communiqué publié lui aussi mardi, le constructeur a annoncé que les voitures du métro de New York retirées du service au début de l’année avaient repris du service le vendredi 24 janvier.

Deux semaines et demie plus tôt, le 8 janvier, la Metropolitan Transportation Authority (MTA) avait annoncé le retrait de 298 voitures de modèle R179, construites par Bombardier à Plattsburgh, dans le nord de l’État de New York, après le signalement de deux incidents liés au fonctionnement des portes.

Ce problème, qui ne menaçait pas la sécurité des passagers, « était arrivé deux fois sur une même porte, dans une seule voiture », avait indiqué à La Presse Maryanne Roberts, porte-parole de Bombardier Transport.

La porte ne s’était pas verrouillée, la laissant légèrement entrouverte et empêchant le départ de la rame.

Les analyses de l’entreprise ont révélé que les deux incidents « étaient dus à une combinaison rare et très spécifique de circonstances mécaniques et opérationnelles imprévues qui se sont révélées extrêmement difficiles à reproduire et ne se reproduiraient probablement pas », selon le communiqué de l’entreprise.

Plus concrètement, le problème était causé par un défaut d’ajustement « de l’épaisseur d’un cheveu », qui pouvait entraîner un mauvais verrouillage lorsqu’il se combinait à la commande répétitive de l’ouverture des portes par l’opérateur de la rame.

La remise en service a été approuvée après l’inspection, l’étalonnage et les tests du mécanisme de verrouillage des portes, ainsi que de nouvelles mises à jour logicielles.

— Avec l’Agence France-Presse