Alimentation Couche-Tard, qui a Caltex dans sa ligne de mire, fait vraisemblablement face à une rivale. La britannique EG Group songerait également à mettre le grappin sur le géant australien des stations-service, selon un article publié par Bloomberg.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

L’entrée en scène de l’acteur britannique pourrait compromettre les projets de Couche-Tard, estime Philippe Le Blanc, gestionnaire de portefeuille chez COTE 100, l’un des actionnaires de Couche-Tard. Pour la société dont le siège social est situé à Laval, il s’agirait de la plus grosse acquisition de son histoire. Plus d’un mois après que l’entreprise québécoise a vu son offre rabrouée par la société australienne, voilà qu’EG Group, qui possède 5000 stations-service en Europe, aux États-Unis et en Australie, aurait également manifesté son intérêt. Pour le moment, aucune offre n’aurait été déposée.

« Même avant cette nouvelle, qu’il y ait potentiellement un autre acheteur, ce n’était quand même pas certain que la transaction se fasse », estime M. Le Blanc.

Il y avait déjà un risque. Ça semble ajouter peut-être un peu plus de risque que la transaction ne se fasse pas.

Philippe Le Blanc

Chez Couche-Tard, on a été avare de commentaires à ce sujet. « Nous ne discutons pas de nos processus d’acquisition et n’avons pas d’information additionnelle à vous transmettre sur le sujet pour le moment », a répondu par courriel Laurence Myre Leroux, conseillère en communications globales pour Alimentation Couche-Tard.

Offre rejetée

Rappelons qu’en novembre, Caltex a jugé insuffisante l’offre d’achat conditionnelle valorisant l’entreprise à près de 10 milliards de dollars canadiens déposée par le géant québécois des dépanneurs. Couche-Tard avait fait une proposition de 34,50 $AU (31,32 $CAN) par action. La société australienne se serait toutefois montrée ouverte à une nouvelle offre.

« C’est sûr qu’il y a toujours la possibilité que la compagnie [Couche-Tard] décide d’augmenter son prix, ajoute M. Le Blanc. On a confiance que la direction va prendre la bonne décision et ne paiera pas trop cher pour ces actifs-là. On est actionnaire depuis 2001. La compagnie a fait beaucoup d’acquisitions depuis ce temps-là et dans la majorité des cas, ç’a été des acquisitions qui ont créé beaucoup de valeur pour les actionnaires. Je pense qu’ils vont avoir la discipline, si le prix est trop onéreux, de se retirer tout simplement. »

Il a par ailleurs rappelé la tentative avortée de Couche-Tard en 2010 de faire l’acquisition de Casey’s General Stores, une chaîne de dépanneurs aux États-Unis. La société avait rejeté l’offre de 2 milliards. « Ils se sont retirés parce que le prix était trop élevé », se souvient M. Le Blanc.