(Tokyo) Les dirigeants de Japan Post Holdings et de ses filiales de courrier et d’assurance ont démissionné vendredi, emportés par un scandale de milliers de contrats d’assurance conclus de manière inappropriée et au désavantage de leurs souscripteurs.

Agence France-Presse

Le directeur général de Japan Post Holdings, Masatsugu Nagato, va être remplacé par Hiroya Masuda, un ancien ministre des Affaires intérieures et des communications, selon un communiqué du groupe.

Les patrons de la filiale de courrier Japan Post Co et de celle d’assurance Japan Insurance quittent aussi leurs fonctions, et leurs successeurs ont également déjà été désignés, en provenance des rangs du groupe.

Un audit externe présenté la semaine dernière avait identifié près de 13 000 cas de contrats d’assurance conclus dans des conditions irrégulières, au désavantage des souscripteurs, souvent âgés.

Le rapport rendu public a aussi mis en lumière une culture d’entreprise délétère au sein du groupe postal, avec des agents soumis à d’intenses pressions hiérarchiques pour atteindre les objectifs de vente.

L’Autorité japonaise des services financiers, la FSA, a par ailleurs suspendu vendredi les autorisations de Japan Post Co et Japan Post Insurance à vendre des contrats d’assurance pendant trois mois, afin que ces filiales mettent en conformité leurs pratiques commerciales, a précisé le groupe postal.

Trois entités de la Poste japonaise ont été introduites à la Bourse de Tokyo en 2015, la plus importante introduction en Bourse au monde cette année là : la maison mère Japan Post Holdings et ses deux filiales financières, Japan Post Bank et Japan Post Insurance.

Avec le déclin accéléré de l’activité courrier, ces deux filiales financières constituent le gros des revenus du groupe. Leur rentabilité est cependant faible dans le contexte de taux d’intérêt extrêmement bas au Japon.

Depuis 2015 l’État japonais a réduit à deux reprises sa participation dans Japan Post Holdings, mais il détient toujours près de 57% de son capital à l’heure actuelle.

L’État avait initialement prévu la vente d’une troisième tranche d’actions du groupe d’ici la fin de l’exercice 2019/20 (clos au 31 mars prochain) qui pouvait potentiellement lui rapporter environ dix milliards d’euros.

Cependant l’État songe à suspendre cette opération en raison du scandale, qui a par ailleurs fait nettement baisser le cours du titre depuis cet été, selon des médias.