Cook it avale sa rivale MissFresh, doublant ainsi sa taille instantanément. L’entreprise de repas prêt-à-cuisiner prévoit maintenant générer un chiffre d’affaires de 100 millions dans 18 mois si son taux de croissance actuel se maintient.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Depuis deux ans, MissFresh appartenait (à 70 %) à la chaîne de supermarchés Metro. Les trois cofondateurs – Marie-Eve Prevost, Bernard Prévost, Ritter Huang – avaient conservé le reste du capital. « On a tout acheté », a précisé à La Presse Judith Fetzer, qui a fondé Cook it en 2014.

Le prix payé n’a pas été divulgué.

Judith Fetzer raconte que c’est elle qui a fait les premiers pas et contacté Metro pour lui acheter MissFresh. Même si c’était « très intimidant », la stratégie a fonctionné. Le processus aura finalement pris quatre mois. « Ça faisait vraiment partie de notre plan de croissance », relate l’entrepreneure en précisant que les valeurs des deux entreprises sont « très proches ».

Il n’a pas été possible de savoir pourquoi Metro avait décidé de se retirer du marché des repas en boîte.

L’épicier n’a pas voulu nous accorder d’entrevue pour nous expliquer les raisons de la vente.

Mais dans un courriel, la porte-parole Marie-Claude Bacon souligne que Metro devait « saisir cette opportunité de réunir deux entreprises montréalaises qui sont dans le même domaine, et donc de former un joueur plus fort dans un marché en émergence qui est concurrentiel ».

Cette transaction risque de surprendre les experts du secteur de l’alimentation, dont les analystes financiers, puisqu’ils affirment depuis des années que les entreprises de boîtes-repas sont des cibles d’acquisition intéressantes pour les épiciers.

Marie-Eve Prevost n’a pas davantage répondu à nos questions.

Transfert de production dans Saint-Laurent

La transaction inclut les installations de 34 000 pieds carrés de MissFresh dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Cook it y transférera toutes ses activités dans quelques mois. De toute façon, son local de 11 000 pieds carrés du quartier Saint-Michel était rendu trop petit. « Chaque année, notre chiffre d’affaires triple », souligne Judith Fetzer.

Les employés de Cook it changeront donc de lieu de travail. En tout, l’entreprise comptera désormais 260 employés. La transaction provoquera entre 12 et 15 pertes d’emplois.

Les clients de MissFresh seront alors transférés chez Cook it. Ensemble, les deux entreprises compteront 30 000 abonnés. Une entente a été conclue avec Metro afin que les clients puissent continuer de récupérer leur boîte-repas dans les supermarchés de la chaîne.

Les repas Cook it sont vendus au Québec (92 %) et en Ontario (8 %), tandis que ceux de MissFresh sont offerts dans toutes les provinces grâce à une entente de sous-traitance avec une entreprise albertaine. Judith Fetzer est « en réflexion » quant à l’avenir de cette distribution dans l’Ouest, un marché qu’elle connaît peu.

Il s’agit de la deuxième transaction de Cook it, qui avait acquis le concurrent Kuisto en 2016.