(Montréal) Alors que ses deux concurrents québécois — le Mouvement Desjardins et la Banque Laurentienne — sont confrontés à diverses difficultés, la Banque Nationale a connu une bonne année lui permettant d’engranger des profits records.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

La sixième banque en importance au pays a conclu l’exercice en affichant, mercredi, un bénéfice net de 2,3 milliards, ou 6,34 $ par action, en hausse de 4 % par rapport à l’année financière 2018, tandis que ses revenus ont grimpé de 4 %, à 7,4 milliards.

Continuant de profiter de la bonne teneur de l’économie du Québec, son principal marché, la Nationale a également terminé l’année sur une bonne note en déclarant un résultat net de 604 millions, ou 1,67 $ par action, pour le quatrième trimestre, en hausse de 7 %.

Au cours de la période de trois mois terminée le 31 octobre, les bénéfices ont grimpé dans tous les secteurs — particuliers et entreprises, gestion de patrimoine, marchés financiers ainsi que celui du financement spécialisé.

« L’économie québécoise demeure vigoureuse, avec un taux de chômage historiquement bas, des finances publiques saines et avec un marché immobilier plus abordable que la moyenne », a souligné le président et chef de la direction de l’institution financière, Louis Vachon, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes.

Il est prévu qu’en 2019, la progression du produit intérieur brut devrait s’établir aux alentours de 2,5 %, une hausse approximative de 0,6 point de pourcentage par rapport aux prévisions du budget déposé par le gouvernement Legault en mars dernier.

La Nationale a réalisé cette performance alors que le Mouvement Desjardins est toujours dans la tourmente en raison du vol de données massif ayant touché ses 4,2 millions de membres particuliers, ce qui a notamment mené à un remaniement de la haute direction. De son côté, la Banque Laurentienne a vu ses résultats se détériorer dans le cadre de son virage qui s’est entre autres traduit par une réduction de son réseau de succursales.

Sans fournir de données plus précises sur son nombre de clients, la Nationale a dit avoir connu une « très bonne année » en ce qui a trait à l’acquisition nette de clients et croit que cette tendance devrait se maintenir.

Interrogé par les analystes quant à savoir si la banque profitait des difficultés qui affligent ses concurrents québécois, M. Vachon a évité la question en estimant que cela était plutôt attribuable à une multitude de facteurs.

« Il y a eu plusieurs initiatives mises de l’avant (de notre part), a-t-il dit. Il est difficile pour nous de faire des liens directs avec ce qui se passe chez nos concurrents. »

Le premier vice-président à la direction, entreprises et assurances, Stéphane Achard, qui est un ancien haut dirigeant de Desjardins, a toutefois été un peu plus loin dans son analyse de la situation.

« Beaucoup de clients se sont tournés vers nous pour ouvrir un compte dans la foulée de la situation dans laquelle se trouve notre concurrent au Québec en matière d’enjeux de sécurité », a-t-il répondu à un analyste.

En excluant les éléments non récurrents, la Nationale a engrangé des profits annuels de 2,33 milliards, ou 6,36 $ par action, en hausse de 4 % par rapport à 2018.

Pour 2019, les analystes s’attendaient à ce que le résultat ajusté de la banque soit de 6,28 $ par action sur un chiffre d’affaires de 7,58 milliards, d’après la firme de données financières Refinitiv.

La Nationale a également relevé de trois cents son dividende trimestriel, qui passera à 71 cents par action.

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